
Des policiers armés de mitrailleuses devant la porte, un chien devant la salle d'audience et trois policiers masqués à l'intérieur de la salle: ce n'est pas tous les jours qu'un tel déploiement policier est visible au tribunal d'arrondissement de Luxembourg. Début 2021, l'accusé figurait sur la liste des hommes les plus recherchés en Europe pour plusieurs crimes commis dans divers pays. Il a finalement été arrêté en 2022 à Bruxelles et extradé au Luxembourg.
Aldo I. est accusé d'avoir tiré sur un homme et de l'avoir grièvement blessé à la jambe en novembre 2020 près du pont frontalier à Remich. Le natif d'Albanie, aujourd'hui âgé de 33 ans, ne nie pas la fusillade, mais il conteste la version fournie par la victime du déroulement des faits.
A la barre, l'homme, grand, mince et tout habillé de noir, raconte que ce soir de novembre 2020, il se trouvait dans un bar en compagnie de trois amies, lorsque deux autres clients avaient abordé ces dernières. Après une altercation verbale, une personne avait frappé plus tard à la fenêtre et lui avait dit de sortir.
Là, il s'était retrouvé encerclé par au moins cinq personnes et il avait été poignardé à la cuisse par la future victime. Il avait alors tiré quatre coups de feu. L'un d'eux avait atteint la victime au mollet. Dans sa version, il s'agissait pour ainsi dire de légitime défense. Peu de temps après, un ami, qui devait de toute façon venir lui vendre de la cocaïne, était arrivé le récupérer sur place.
Cependant il a été impossible à l'expert judiciaire de déterminer après l'arrestation du prévenu à Bruxelles si la cicatrice que celui-ci a à la cuisse, remonte à ce jour-là à Remich.
La version de la victime, également originaire d'Albanie, est certes différente, mais pas beaucoup plus claire. Dans le bar, une altercation avait éclaté entre l'accusé et un ami de la victime. Un peu plus tard, la victime avait quitté l'établissement en compagnie de cet ami. Se sentant mal à l'aise à cause de la dispute, le ressortissant albanais avait ramassé un morceau de bois près de la porte du café et l'avait mis dans la poche de poitrine de sa veste.
Lorsqu'il avait entendu un coup de feu de l'autre côté de la rue, il avait couru dans cette direction... et s'était soudain retrouvé à quatre mètres de l'accusé. Il avait voulu saisir le morceau de bois dans sa poche, mais l'homme avait tiré sur lui. La victime estime toutefois que l'accusé ne voulait pas la tuer.
Le juge a alors voulu savoir si la victime n'avait pas une matraque dans la poche. Ce qu'elle a nié. Interrogée sur le fait de savoir si elle avait vu des individus armés, elle a répondu qu'elle ne savait pas. Une trentaine de personnes étaient présentes.
L'homme victime du tir peut seulement se souvenir d'une personne avec une batte de baseball. Il a été incapable de répondre au juge qui lui demandait pourquoi c'était sur lui qu'on avait tiré.
La victime n'a pas voulu se constituer partie civile, pour réclamer des dommages et intérêts. Elle regrette de se retrouver au tribunal, d'autant plus dans un procès qui implique un compatriote. Cela donne une mauvaise image.
Le procès se poursuivra mercredi avec l'audition des témoins.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: