"Pas de plan B"Franz Fayot qualifie le projet de budget de "relance dans l'incertitude"

Annick Goerens
Lundi, le projet de budget 2024 était au centre de l'émission de RTL "L'invité de la rédaction", qui recevait le député LSAP Franz Fayot.
© Andy Brücker

"La relance dans l'incertitude" ("Mat Schwong an d'Ongewëssheet"): voilà comment Franz Fayot nomme le budget de relance, le fameux "Neie Schwong fir eist Land", qui sera débattu et soumis au vote des députés cette semaine à la Chambre. Lundi matin sur RTL, le député LSAP a critiqué l'absence de "plan B". Il s'agit, selon lui, d'"un budget basé sur une croissance quantitative, avec tous les problèmes que cela entraîne." L’accent est entièrement mis sur l’économie. La lutte contre la pauvreté, pourtant annoncée comme une priorité, mais aussi l'environnement, sont négligés.

Le gouvernement CSV-DP a recours à "la boîte à astuces"

L'une des principales critiques formulées par l'ex-ministre LSAP est que, bien qu'une baisse du déficit soit largement annoncée, il n'est pas précisé clairement où les économies devront être réalisées. "Nous l'avons demandé à tous les ministres et on nous a répondu à chaque fois qu'il n'y avait pas de mesures d'économie. La Cour des comptes l'a également constaté dans son avis." Pour Franz Fayot, il s'agit d'"une pure annonce pour montrer que le gouvernement est responsable, contrairement aux précédents." Le gouvernement CSV-DP a recours, comme cela se fait souvent, à "la boîte à astuces" habituelle. Par exemple, le déficit a été fixé à un niveau beaucoup plus élevé pour pouvoir ensuite dire que cela a mieux fonctionné que prévu.

Où vont être réalisées les économies?

Bien sûr, il est vrai que "les dépenses ont fortement augmenté ces dernières années". Le déficit a augmenté "en raison des nombreuses crises": la pandémie, la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, les tripartites avec le paquet de solidarité. Mais il était "important de prendre ces mesures pour renforcer le pouvoir d'achat des ménages". Le député socialiste trouve "courageuse" l'annonce que des économies vont être réalisées au niveau des frais de fonctionnement de l'Etat. Justement parce qu'une croissance des besoins est constatée au niveau de l'Etat, particulièrement pour la police et l'éducation. "Mais il faut être précis et dire où on souhaite faire des économies", critique Franz Fayot. Ce dernier est sceptique quand il est question d'un "état trop imposant". "Au fond, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cela. Je pense que nous avons un état relativement efficace, qui fonctionne bien. Nous avons besoin d'un état fort", selon l'ancien ministre de l'Economie.

"Le budget est toujours le reflet d'une politique." Ici on mise sur les investisseurs et les entreprises sont assistées. L'accent est uniquement mis sur l'économie. Cela confirme l'image de "la SA Luxembourg et de son CEO, le Premier ministre Luc Frieden", qui considère "le pays comme un centre d'affaires et le reste, à savoir ce qui se passe avec la population ou la société, est plutôt secondaire", regrette Franz Fayot.

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