
Pour l’opposition, le risque financier qui pèse sur le pays reste flou et les garanties manquent.
Même si Mikhail Fridman a été retiré de la liste des sanctions européennes, rien n’indique que sa procédure d’arbitrage soit automatiquement abandonnée. L’oligarque réclame toujours 16 milliards de dollars à Luxembourg, un montant que Fayot estime largement exagéré mais qui représente, sur le papier, la moitié du budget de l’État. Selon lui, la décision de soutenir la levée des sanctions prive le pays d’un levier important : la possibilité de maintenir gelés des avoirs évalués à plusieurs milliards d’euros.

Le député socialiste affirme que si le LSAP était au gouvernement, il n’aurait pas plaidé pour la radiation de Fridman. Il y voit un affaiblissement de la solidarité européenne envers l’Ukraine et un signal négatif envoyé aux partenaires de l’Est. Il rappelle qu’un mécanisme de protection existe dans le 18ᵉ paquet de sanctions, permettant aux États membres d’être couverts en cas d’actions juridiques intentées par des personnalités sanctionnées. Le fait que le Premier ait déclaré ne pas connaître cette disposition soulève, selon lui, de nouvelles questions.
Au-delà du cas Fridman, Fayot plaide pour une réflexion européenne sur une responsabilité commune. Si les sanctions sont décidées collectivement, les États les plus exposés devraient pouvoir compter sur un soutien en cas de litige majeur. Il cite l’exemple des avoirs russes bloqués en Belgique et estime que des pays comme le Luxembourg, avec une place financière importante, sont particulièrement vulnérables à des pressions ou tentatives d’intimidation.
Le député a également abordé la politique luxembourgeoise envers Israël, à la veille d’un débat à la Chambre. Il demande un embargo complet sur les armes et les biens à double usage, ainsi que des sanctions nationales contre certaines personnes ou institutions. Il soutient aussi une interdiction des importations provenant des colonies israéliennes dans les territoires occupés, jugeant incohérent de reconnaître la Palestine tout en laissant entrer ces produits. Pour lui, l’argument selon lequel des mesures nationales auraient un impact limité ne tient pas : ne rien faire serait, dit-il, la pire option.
Enfin, Franz Fayot s’est montré préoccupé par le projet de budget 2027. Il pointe un déficit croissant, des promesses d’investissements et de mesures sociales difficiles à concilier avec une réforme fiscale coûteuse, et des dépenses structurelles qui ne peuvent être réduites facilement. Il redoute qu’une politique d’austérité devienne inévitable dans la prochaine législature, au détriment des investissements essentiels dans le climat, le logement, les infrastructures et les services publics.