
Le comité quadripartite réunit tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement de l'assurance maladie-maternité, à savoir les représentants du gouvernement, des organisations professionnelles des salariés et des employeurs, ainsi que des prestataires de soins de santé. Le comité s'est réuni mercredi pour examiner la situation financière de l'assurance maladie-maternité et les prévisions financières pour 2023 et 2024.
Selon les dernières estimations, l'exercice 2023 de l'assurance maladie-maternité devrait se clôturer sur un excédent de près de 25 millions d'euros. Cet excédent est dû à une baisse des dépenses et à une augmentation des recettes provoquée notamment par l'indexation.
Pour l'exercice 2024, un déficit supérieur à 50 millions est cependant attendu, selon les dernières estimations. Une solution doit donc impérativement être trouvée dans les années qui viennent pour garantir le financement de l'assurance maladie-maternité.
Comment garantir le financement de l'assurance maladie-maternité à l'avenir et pourquoi le paiement immédiat direct n'est-il pas plus étendu?
Telles étaient les deux questions au centre de la réunion du comité quadripartite de la Sécurité sociale de mercredi. Aucun membre du gouvernement encore en fonction n'était présent, car les actuels ministres de la Santé et de la Sécurité sociale ne sont plus autorisés à prendre des décisions.
Avec un déficit annoncé de 50 millions d'euros pour l'exercice 2024, la situation financière de l'assurance maladie n’est pas rose, les solutions proposées pour l'améliorer sont variées. Pour les représentants des employeurs, une hausse des cotisations est hors de question. Ce n'est pas le point de vue des syndicats, selon Carlos Pereira de l'OGBL.
"Si c'est nécessaire par l'augmentation des cotisations ou le plafonnement des cotisations. Alors peut-être que ceux qui gagnent vraiment énormément d'argent et ceux qui cotisent vraiment actuellement à la Caisse nationale de Santé, se rejoindront enfin pour financer l'ensemble du système."
Le syndicat LCGB ne veut ni d'une hausse des cotisations, ni d'une réduction des prestations. Pour l'Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD), les projections de la CNS et de l'Inspection générale de la sécurité sociale ne prennent pas en compte le développement de la prise en charge médicale:
"De nombreux patients attendent longtemps, ce qui n'implique pas seulement de la souffrance pour eux, mais aussi une augmentation des arrêts maladie, soit un problème financier supplémentaire pour l'assurance maladie. C'est donc un peu un cercle vicieux", selon le président de l'AMMD, Alain Schmit.
En ce qui concerne le paiement immédiat direct, le représentant de l'OGBL Carlos Perreira regrette l'inertie dans le dossier. Le ministre de la Sécurité sociale, Claude Haagen, avait annoncé que le système informatique était opérationnel fin septembre. Malheureusement, cela ne suffit pas, déplore Christophe Knebler du LCGB:
"Nous devons avoir des acteurs capables d'installer ça, des fournisseurs de logiciels. Nous devons avoir les logiciels et le matériel nécessaires dans les cabinets médicaux. Cet exercice n'a pas été réalisé à ce jour. Qu'apporte un système, qui est opérationnel en soi, mais qui ne peut pas être utilisé, parce que les conditions générales n'ont pas été mises en place?"
Malheureusement, ce sont encore une fois les assurés qui en souffrent, regrettent les syndicats.