Plus qu'une question de passeportÉtranger ou Luxembourgeois ? Une statistique aux multiples facettes

Loretta Marie Perera
adapté pour RTL Infos
Au Luxembourg, près de la moitié de la population est officiellement considérée comme "étrangère", mais derrière cette appellation se cache une réalité bien plus complexe.
EU flags in the European Council building Forum Europa during the EU Leaders Summit in March 2019.
Le cas de résidents qui vivent au Luxembourg depuis des décennies sans pour autant demander la nationalité luxembourgeoise, s’observe principalement parmi les citoyens de l’Union européenne.
© NICOLAS ECONOMOU/NurPhoto via AFP

La version originale et intégrale de cet article est disponible en anglais sur RTL Today.

Depuis 2025, les citoyens luxembourgeois représentent 52 % de la population résidente, tandis que les 48 % restants ne possèdent pas de passeport luxembourgeois. Ce groupe comprend aussi bien des personnes récemment installées au Luxembourg que des familles vivant au Grand-Duché depuis plusieurs générations, des citoyens de l’Union européenne qui n’ont jamais vu l’intérêt de se faire naturaliser, ainsi que des ressortissants de pays tiers pour lesquels la nationalité luxembourgeoise peut constituer une importante garantie de sécurité.

Le Luxembourg attire depuis longtemps des migrants venus de toute l’Europe, en particulier du Portugal, de France, d’Italie et de Belgique. Cependant, la population étrangère est désormais de plus en plus diversifiée.

En 2025, l’Inde, la Syrie et la Chine étaient les principaux pays d’origine des nouveaux titulaires d’un permis de séjour parmi les ressortissants de pays tiers, tandis que la communauté ukrainienne s’est fortement développée depuis 2022. La pénurie de main-d’œuvre, les changements dans la législation sur l’immigration et les crises géopolitiques modifient ainsi la démographie du pays.

Les statistiques officielles ne montrent toutefois qu’une partie de la réalité. Dès qu’une personne obtient la nationalité luxembourgeoise, elle n’est plus comptabilisée dans les statistiques que comme luxembourgeoise, même si elle conserve une seconde nationalité et reste fortement attachée à ses origines.

Parallèlement, un résident vivant au Luxembourg depuis plusieurs décennies sans s’être fait naturaliser est classé dans la même catégorie "étranger" qu’une personne arrivée seulement l’année dernière.

Cette distinction n’a pas la même signification selon la nationalité concernée. Les citoyens de l’Union européenne peuvent vivre et travailler au Luxembourg sans ressentir la même pression à se faire naturaliser. En revanche, les ressortissants de pays tiers doivent souvent renouveler leur titre de séjour et risquent de voir leur droit de résidence remis en question en cas de changement de leur situation professionnelle ou familiale.

À cela s’ajoutent plus de 220.000 travailleurs frontaliers qui viennent chaque jour travailler au Luxembourg, ainsi qu’une population dont environ 80 % de ses membres ont au moins un parent né à l’étranger. Dans ce contexte, la frontière entre "Luxembourgeois" et "étrangers" devient de plus en plus floue.

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