
Dans le clip, une jeune fille se fait humilier et frapper par plusieurs autres ados, le tout filmé par d'autres personnes qui ont assisté à quelques mètres de la scène.
La vidéo a été publiée en ligne avec l'accord de la mère et de la jeune victime afin de retrouver les coupables. Le Parquet Général s'est également saisi de l'affaire.
Pour Simone Flammang, Premier avocat général et responsable du tribunal de la jeunesse, même si le Luxembourg ne dispose d'aucun droit pénal spécifique pour les jeunes, cela ne veut pas dire que les auteurs ne doivent pas répondre de leurs actes.
En l'occurrence, ces jeunes risquent des heures de travail d'intérêt général et dans les cas plus graves, ils peuvent être placés dans des centres socio-éducatifs de l'État à Dreiborn, Schrassig ou Bourglinster.
Toutes les personnes impliquées dans cette affaire, la victime, les auteurs des faits ainsi que les personnes qui ont filmé la scène sont entendus par la police.
Les suspects mineurs ont les mêmes droits que les adultes, comme par exemple se faire représenter par un avocat. La victime ne doit cependant pas porter plainte, la police est automatiquement activée lorsque ce genre de fait est porté à leur connaissance. Mais Simone Flammang précise que le Luxembourg ne dispose d'aucune unité spéciale qui est à la recherche de telles vidéos.
Quoi qu'il en soit, le partage de ce genre d'images sur les réseaux reste illégal, peu importe la raison: "je pourrais prendre l'exemple de la pédopornographie, imaginez la jeune victime donner son accord pour partager la vidéo sur le net, là ce n'est pas possible", explique Simone Flammang.
La mère de la victime ne sera cependant pas inquiétée par une enquête, malgré le fait qu'elle a partagé la vidéo de sa fille de manière illégale. Le clip aura été partagé plus de 8.000 fois sur Facebook.
Le lycée Josy Barthel de Mamer a réagi quelques jours auparavant: "Il est clair que nous ne tolérons pas un tel comportement et le condamnons dans les termes les plus forts possibles. Nous prenons toutes les mesures nécessaires."
Plusieurs indices ont toutefois fait surface sur TikTok, un autre réseau social prisé des jeunes, le tout serait peut-être une sorte de revanche contre la jeune victime. Plusieurs utilisateurs ont en effet déclaré qu'elle aurait partagé auparavant des photos intimes d'autres personnes sans leur accord.
Malgré toutes les informations en leur possession, le Parquet général n'est pas en mesure d'affirmer que ce genre de comportement est en train de prendre de l'ampleur sur le net. Mais les responsables ont indiqué ne pas avoir l'impression d'être submergés par ce phénomène. Aucun chiffre ne sera donné, faute de statistiques sur le sujet.
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