
"Nous disposions d'un large consensus politique en 2023, mais nous n'avons malheureusement toujours pas de loi sur les pandémies", a déploré mercredi sur RTL la députée LSAP et ex-ministre de la Santé, Paulette Lenert.
Il y a cinq ans, quand est apparu le coronavirus, le Luxembourg n'était pas préparé à une pandémie. "Nous avons simplement été pris au dépourvu", a admis la ministre de la Santé de l'époque, et il y a eu beaucoup de temps perdu. "C'est une situation qui avait peut-être été évoquée théoriquement, mais dans la pratique, nous n'étions pas préparés." Il est donc important "de tirer les leçons" de cet épisode, car "nous vivons dans une époque où les pandémies seront plus fréquentes, selon ce que prédisent les experts", a ajouté Paulette Lenert, qui regrette qu'une loi cadre sur les pandémies n'ait pas encore été adoptée. Elle ne comprend pas "pourquoi l'urgence de se doter d'une telle loi n'est plus d'actualité". Les travaux préparatoires à une loi sur les pandémies est fait, selon Paulette Lenert. Mais la ministre CSV de la Santé, Martine Deprez, ne serait plus intéressée. Elle planifie plutôt une grande loi de santé publique. C'est une bonne idée "à moyen terme", mais "ce n'est pas quelque-chose qui est mis au point du jour au lendemain", selon Paulette Lenert. Il serait préférable d'avoir quelque-chose "en cas d'urgence". Rien n'empêcherait par la suite d'intégrer la loi sur les pandémies à la loi de santé publique. La nouvelle politique de santé promise par le CSV pendant la campagne électorale de 2023, se fait toujours attendre. Elle n'a toujours pas été livrée. "On pouvait en attendre plus après un an", a estimé la députée socialiste.
En matière de politique d'asile et d'immigration, le vent a clairement tourné, selon la députée LSAP. "Cela me préoccupe", a assuré Paulette Lenert. "Des limites sont actuellement franchies." Elle n'aurait jamais pu s'imaginer "qu'ici au Luxembourg, des familles, des femmes avec des enfants en bas âge, soient mises à la rue en plein hiver." C'est "une situation inacceptable" et cela n'a rien à voir avec une politique partisane. "Je m'attendais à ce que nous soyons d'accord au-delà des partis, qu'il y avait une frontière qui ne peut être franchie," ajoute la députée socialiste. C'est une politique d'immigration à laquelle elle ne peut "pas s'identifier".
Il faut absolument que soit mise en place une commission pour les "cas extrêmes", telle qu'elle figure dans l'accord de coalition. Ces cas doivent être considérés individuellement. "Actuellement, la loi s'applique aveuglément." La députée socialiste et ex-juge administrative sait que la politique d'asile constitue "un défi". "Ce grand débat doit être mené à la Chambre, mais il faut résoudre la situation de crise maintenant."