
Après qu'un policier dans l'exercice de ses fonctions ait abattu un homme en août dernier à Ettelbruck, le Syndicat national de la Police grand-ducale avait critiqué le fait qu'après un tel incident, les policiers ne reçoivent pas automatiquement un soutien juridique. Philippe Schrantz a déclaré à ce propos qu'on pourrait peut-être mettre à disposition "d'office" un avocat et s'il s'avère que le policier a commis une faute, l'Etat pourrait introduire un recours pour récupérer l'argent. Actuellement, c'est l'inverse. Philippe Schrantz a en revanche nuancé la critique que la direction de la police ne se soit pas manifestée auprès du policier après l'incident: c'est la direction régionale qui l'aurait fait. Cela aurait l'avantage que la direction régionale "est beaucoup plus proche de cet homme".
A la question de savoir si dans les cas où un policier doit payer des dommages et intérêts, il ne reviendrait pas plutôt à l'Etat de prendre ces frais à sa charge, car sinon les policiers risquent de préférer fermer les yeux dans les situations critiques, le directeur de la Police grand-ducale a répondu: "si vous êtes policier, vous savez que vous pouvez vous retrouver dans de telles situations (...) et nous devons préparer nos hommes à de telles situations." Avec l'Inspection générale de la police, un organe "neutre" contrôlerait la police et cela renforcerait la crédibilité de la police.
Dans la police, des centaines de fonctionnaires ont introduit un recours devant le tribunal administratif parce qu'ils n'ont pas rejoint la grille de carrière B malgré leur diplôme de fin d'études secondaires, au contraire d'autres fonctionnaires, ne disposant pas de ce diplôme, mais qui étaient déjà en service depuis 15 ans ou plus en 2018. Le directeur de la police trouve cette situation "regrettable" et dit pouvoir comprendre tous les fonctionnaires mécontents. Phiippe Schrantz a également expliqué que la police a aussi besoin de civils et de spécialistes et qu'il est dommage que chacun se compare toujours avec tout le monde: "Mais nous avons tous un bon travail et un salaire décent."
En ce qui concerne la criminalité, nous pourrions "bien vivre" au Luxembourg, mais la tendance générale serait mauvaise actuellement, selon le directeur de la police. La police et la population s'inquiéteraient de divers phénomènes tels que des agressions brutales au cours desquelles des chaînes ou des montres sont volées. A partir de là, Philippe Schrantz se réjouit de toute l'aide que la police va recevoir, comme des caméras corporelles et évidemment des renforts en personnel.