
Une jeune femme brésilienne en situation irrégulière, qui voulait déposer plainte contre son employeur pour harcèlement sexuel, violences mais aussi non-respect du droit du travail en matière de rémunération, s'est adressée à la police. Après son entretien avec les fonctionnaires et après que la Direction de l'Immigration ait été informée, son passeport lui a été confisqué et un ordre de quitter le territoire dans les 30 jours lui a été transmis.
Même si le permis de séjour de la jeune femme n'était effectivement pas en règle, pour les cinq associations qui ont rendu l'affaire publique, il est inacceptable que les victimes d'exploitation et d'agressions soient découragées de la sorte d'aller voir la police parce qu'elles sont en situation irrégulière. Les associations qui ont signé le communiqué sont l’ASTI, le CID Fraen an Gender, Finkapé, le CLAE et Time for Equality.
Cette logique encouragerait la violence, l'exploitation et la traite des êtres humains, selon ces associations. Le ministère des Affaires étrangères, dont dépend la Direction de l'Immigration, a réagi depuis et suspendu l'ordre d'éloignement du territoire.
La suspension a été annoncée par le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, en réponse à une question parlementaire urgente du député CSV Paul Galles sur le sujet. Jean Asselborn, tout comme son collègue de la Sécurité intérieure, Henri Kox, se disent prêts à un échange avec les représentants des associations pour analyser l'affaire.