
Long de 236 mètres, large de 52 mètres et en service sous pavillon luxembourgeois depuis 2023, ce navire établit de nouveaux standards technologiques dans le domaine de l’énergie éolienne offshore. Il est spécialement conçu pour le transport et l’installation des composants massifs de turbines éoliennes. Des turbines qui atteignent désormais des hauteurs de plus de 270 mètres, avec des pales de rotor allant jusqu’à 120 mètres.
Pour pouvoir manipuler des éléments de telles dimensions, il faut une technologie exceptionnelle : parmi les fonctionnalités les plus importantes du navire figure la grue principale, capable de soulever une charge utile allant jusqu’à 5.000 tonnes. Au total, le navire dispose d’une capacité de chargement d’environ 61.000 tonnes. Actuellement, le navire “Les Alizés” est en mission de travail en Écosse.
Les préparatifs pour la mission dans le nord de la Grande-Bretagne battent leur plein lors de notre visite du navire dans le port d’Amsterdam. L’équipage restera en mer jusqu’à six semaines sans retour prévu sur la terre ferme. Pour chaque pilier implanté sur le fond marin, des mois de travail préparatoire sont nécessaires, allant des analyses détaillées du sol aux contrôles et tests de toutes les machines avant le départ.
Le capitaine Wim Deca souligne le caractère unique des Alizés : “Il n’y a pas beaucoup de navires capables de faire ce que nous faisons ici. Le navire a été conçu spécifiquement pour l’installation d’éoliennes offshore. Beaucoup des machines et d’équipements ont été développés spécialement pour cela, il n’y a rien de comparable sur le marché.”
Dans le monde, seules quelques entreprises peuvent réaliser des travaux aussi complexes en haute mer. Les Alizés est également équipé pour affronter des conditions météorologiques plus rudes. Dix-huit pompes dans la salle des machines peuvent chacune pomper jusqu’à 18.000 mètres cubes d’eau dans ou hors du navire, soit l’équivalent d’environ sept piscines olympiques, afin de garantir la stabilité et la position du bateau.
Le travail en mer reste extrêmement exigeant malgré la technologie la plus moderne. “Le monopilier doit être enfoncé jusqu’à 30 mètres de profondeur dans le sol, avec une inclinaison quasi parfaitement verticale”, explique le capitaine. “C’est extrêmement complexe, car nous ne travaillons pas sur une plateforme fixe. Tout bouge : les vagues, le vent, et même notre grue.”
Sur le site d’installation, le pilier de l’éolienne sera enfoncé dans le fond de la mer à l’aide d’un outil distinctif bleu-rouge-blanc. Rien qu’en 2025, 72 de ces piliers ont été installés au large des côtes danoises. Une contribution concrète à la stratégie européenne visant à développer massivement les énergies renouvelables dans les années à venir.
Pour la société “Jan De Nul”, à qui appartient ce navire, le rôle de l’énergie éolienne offshore est clairement défini. “L’éolien en mer joue et jouera un rôle central dans la transition énergétique”, affirme Jan van Impe, directeur des structures énergétiques. “Certains parcs éoliens, comme celui que nous installons actuellement en Écosse, produiront plus d’électricité que la moitié de la consommation quotidienne des foyers écossais.”
Derrière cette technologie impressionnante, il y a aussi des hommes : environ 100 employés qui, lors d’une mission, restent à bord pendant six semaines d’affilée et travaillent par équipes de 12 heures chaque jour. Et le travail ne manque pas : d’ici 2031, le carnet de commandes des Alizés est déjà presque entièrement rempli.