
En tête du récent sondage d'opinion sur les personnalités préférées des Luxembourgeois, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) et son binôme de crise, la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), peuvent se frotter les mains. Leur gestion de la crise sanitaire est évaluée positivement: 43% des personnes approuvent le travail du gouvernement. Ils ne sont que 15% à donner des bons points au travail réalisé par l'opposition.
De sorte que si des élections législatives avaient lieu ce premier dimanche de décembre, la coalition DP-LSAP-déi Gréng renforcerait sa majorité à la Chambre, comme jamais depuis les élections d'octobre 2018. Elle gagnerait trois sièges révèle le sondage du dimanche ("Sonndesfro"). A l'inverse, le principal parti d'opposition, le CSV, perdrait quatre sièges au parlement. Ce qui est beaucoup en politique luxembourgeoise.

La bonne nouvelle est d'autant plus "renversante" pour la coalition tripartite qu'elle revient de loin. Il y a pile un an, c'était la douche froide: le sondage de TNS Ilres révélait que les partis formant le gouvernement perdaient leur majorité absolue à la Chambre.
Mais la "Sonndesfro" chamboule la donne et confirme le déséquilibre au sein de la coalition à trois. Le parti démocratique et le parti socialiste gagneraient chacun deux sièges à la Chambre, alors que les Verts en perdraient un. Le DP cumulerait ce dimanche soir 14 sièges, le LSAP en disposerait de 12 et déi Gréng n'en auraient plus que 8.
Les grands gagnants des élections de 2018 perdent clairement du terrain. En l'espace d'un an, les Verts perdraient 4,4% des électeurs. C'est la plus grosse chute de ce sondage, comparable à celle des chrétiens-sociaux. Seuls 11,5% des électeurs donneraient leurs voix dimanche à Déi Gréng, alors qu'ils étaient encore 15,9% en novembre 2019.

Le phénomène "Lenert" est manifestement en train de redistribuer les cartes et de conforter la bonne place du parti socialiste dans les sondages. Si le DP avait réalisé l'opération gagnante en juin, il perdrait un siège cette fois. Les six mois de crise sanitaire passés ont, en revanche, boosté le LSAP qui gagnerait deux sièges.
Le CSV continuerait de perdre du terrain. Alors que l'année dernière, avant la pandémie du covid-19, plus de 30% des sondés indiquaient voter pour le CSV, ils ne sont plus que 25,7% à le dire aujourd'hui. Le parti chrétien-social reste le premier parti du pays mais l'écart se réduit avec ses deux principaux rivaux, le LSAP et le DP qui disposent de près de 20% des intentions de vote.

"Le plus grand parti d'opposition s'affaiblit vraiment et ce n'est pas la première fois. Depuis les élections, il est dans une sorte de déclin, qui s'exprime encore plus fortement au niveau des sièges", note Luc Biever, directeur de TNS-Ilres. Lundi, le CSV ne serait plus que représenté par 17 députés, au lieu de 21 actuellement.
A noter, que le travail de l'ADR dans l'opposition plaît également aux électeurs. Ils créditeraient le parti de l'opposition de cinq sièges au lieu des quatre qu'il occupe depuis octobre 2018. L'ADR s'approcherait de la barre des 10% de l'électorat. Au cours des six derniers mois, les Piraten ont grignoté plus d'1% des intentions de vote alors que déi Lénk en perd 1,5%.
Les détails sur la méthodologie du sondage sont à retrouver sur Alia.lu