
Il n'a pas été beaucoup question "des frontaliers, de l'Union européenne ou des retraites" pendant la campagne électorale, selon Serge Kollwelter. Le porte-parole de l'initiative "Ronnen Dësch" a expliqué qu'il fallait aussi se demander s'il est sain pour nous de faire confiance dimanche aux électeurs qui sont majoritairement soit âgés, soit fonctionnaires. Dans le même temps, "les trois quarts de la population active seront exclus." On pourrait désormais dire que les Luxembourgeois ont décidé de les laisser de côté, poursuit-il. "Ce n'est pas une situation saine." Il y a là une nécessité d'agir. "Référendum de 2015 ou pas. Nous devons nous poser une nouvelle fois cette question“, exige Serge Kollwelter.
L'initiative "Ronnen Dësch" a publié 25 références pour le vote, qui s'adressent aux électeurs. L'un des thèmes abordés est celui des frontaliers, qui devraient être davantage impliqués. Après tout, "ils laissent ici la majeure partie de leurs impôts et, en retour, les villes d’où ils viennent sont appauvries". Il manquerait à beaucoup le lien avec la Grande Région et c'est là que les jeunes surtout devraient apprendre à se connaître. Par exemple au moyen d'"un jumelage des lycées luxembourgeois avec des lycées en Allemagne, en France et en Belgique."
Parmi les autres sujets de préoccupation de l'initiative "Ronnen Dësch", citons le sexisme et les autres formes de discrimination, les droits de la communauté LGBTIQ+ et la lutte contre la pauvreté. Au Luxembourg, 20% de la population, soit 100.000 personnes, vivent au niveau du seuil de pauvreté. "Ce serait malsain pour notre société", qui se prétend riche. "L’écart entre les riches et les pauvres se creuse également de plus en plus."
Serge Kollwelter voit également la nécessité d'agir en matière de politique migratoire. Au niveau du logement par exemple, où il peut imaginer qu'il faudrait d'abord "se tourner vers le modèle allemand", où les réfugiés sont répartis dans les Länder puis dans les communes, en fonction du nombre d'habitants. Cela aurait "l'avantage d'être beaucoup plus décentralisé" et "les gens auraient beaucoup plus de contacts avec ceux qui vivent autour d'eux." Ici, un millier de personnes habiteraient parfois au même endroit, selon le porte-parole de "Ronnen Dësch". Serge Kollwelter demande aussi "que tous les réfugiés obtiennent les mêmes droits que les ukrainiens", qui ont pu immédiatement travailler, par exemple.
Les ministres doivent rendre compte au Parlement. C'est l'un des principes d'une démocratie, affirme Serge Kollwelter. "Il ne sait pas si l'un des 60 députés sait ce que Xavier Bettel va défendre jeudi au Sommet européen à Grenade." Et quand il en reviendra, il n'informera pas le Parlement. "Dans d'autres pays, tels que les Pays-Bas ou le Danemark, le Premier ministre va devant son Parlement avant de se rendre à un sommet et cela vaut aussi pour tous les conseils des ministres." Même nos ministres ne rendent guère compte à ceux à qui ils le devraient. "C'est un déficit important", critique Serge Kollwelter.