LuxembourgDeux tiers des soignants sont recrutés à l'étranger

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Le Luxembourg connaît une grave pénurie de personnel soignant et de plus en plus de soignants abandonnent la profession. Pourquoi? C'est ce qu'a analysé l'ANIL en collaboration avec l'Université du Luxembourg dans l'étude LëtzCare, qui sera publiée et présentée jeudi après-midi.

Les principales raisons qui conduisent à cette situation seraient "la contrainte de temps, c'est-à-dire trop de travail et trop peu de temps", associée à "une grande charge émotionnelle." C'est donc là que des changements devraient intervenir. Voilà ce que demande la présidente de l'ANIL, Anne-Marie Hanff.

"Deux tiers du personnel soignant est actuellement recruté à l'étranger et 42% des soignants partiront à la retraite d'ici 2034." Par ailleurs, il ressort de l'étude citée plus haute qu'"au cours de l'année dernière, 70% du personnel soignant a au moins réfléchi une fois à quitter son travail."

Cela conduit aussi à aggraver le manque de personnel. Avec la pandémie, la situation aurait empiré: "encore plus de contrainte de temps et plus de soignants qui étaient eux-mêmes malades." En outre, "les discussions sur la vaccination obligatoire auraient créé trop de tensions" et marqué durablement le personnel soignant.

Un appel a été lancé aux directions des hôpitaux pour soulager les infirmières dans leur travail, notamment dans le domaine administratif, afin qu'elles puissent se concentrer sur l'essentiel. "La numérisation pourrait certainement jouer un rôle important," selon la présidente de l'ANIL.

Il faudrait aussi revoir les attributions, c'est-à-dire ce que les infirmières peuvent faire avec ou sans ordonnance du médecin. La nuit, le système ne fonctionne souvent pas. L'infirmière doit avoir une ordonnance du médecin, mais ce dernier n'est pas présent ou il n'est pas joignable. Cela provoquerait une grande charge émotionnelle.

Autre revendication de l'ANIL adressée au ministère de la Santé, qu'à la table ronde sur la santé, toutes les propositions d'amélioration soient discutées, pour déboucher ensuite sur une stratégie cohérente. Enfin, "le poste de "chief nursing officer", introduit en 2020, devrait être élargi à une division complète," indique Anne-Marie Hanff.Ces personnes pourraient alors siéger aux conseils d'administration des établissements de santé et participer aux décisions stratégiques.

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