Le ministre de l'Intérieur sous les feux de la critiqueDeux fois moins de policiers mobilisés contre la mendicité à Luxembourg

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Le "dispositif spécial" créé par le ministre Léon Gloden pour combattre la mendicité organisée, sera réduit de moitié à Luxembourg-Ville. Les partis d'opposition, LSAP en tête, ont critiqué la façon de faire du ministre des Affaires Intérieures.
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Le sujet des moyens judiciaires mobilisés pour combattre la mendicité organisée dans la capitale continue de faire des vagues jusqu'au parlement. Une Commission parlementaire jointe s'est rassemblée suite à une lettre envoyée par la Procureure générale d'État au ministre de l'Intérieur avec copie à la ministre de la Justice. La Procureure générale d'État Martine Solovieff et le Procureur d'État Georges Oswald ont participé à la commission ce jeudi.

Martine Solovieff regrette dans cette lettre ne pas avoir été informée du départ de certains agents de la police judiciaire mutés vers le "dispositif spécial" mis en place dans la capitale pour faire respecter l'interdiction de la mendicité et combattre la criminalité liée aux stupéfiants. Elle s'étonne également de la mobilisation d'agents normalement rattachés à la criminalité économique.

Les Verts et les Pirates critiquent le fait que les autorités judiciaires n'ont pas été impliquées dans la décision de créer ce "dispositif spécial". Ils déplorent aussi que l'accent soit mis sur la capitale au détriment des autres communes du pays.

Principal parti d'opposition, le LSAP, a critiqué l'approche du ministre qui n'est pas une manière de travailler dans un cadre institutionnel. Le dispositif devait dans un premier temps être utilisé contre la mendicité agressive et organisée, a expliqué le député Dan Biancalana.

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Le fait que les missions aient ensuite été élargies à la criminalité liée à la drogue n’a pas été officiellement annoncé. En outre, le ministre n'a pas pu répondre à la question du nombre total de policiers mobilisés, ne savait pas que 110 policiers de la police judiciaire étaient impliqués, ni à combien de policiers on avait fait appel dans les différents commissariats.

Les députés ont finalement eu gain de cause puisque le dispositif devrait être désormais réduit: "cette décision montre bien que nous avions raison", s'est exclamé Marc Goergen (Pirates). Le député Dan Biancalana (LSAP) a précisé qu'i a été annoncé que le dispositif devait être réduit de moitié.

"Manque de communication"

"Il faut absolument éviter que l'on puisse penser qu'une crise institutionnelle existe", souligne le député Fernand Kartheiser (ADR), même si certaines fautes ont été commises au début, comme l'application de l'interdiction de la mendicité sans réelle coordination entre les différentes instances impliquées.

"La situation est quand même grave", retient Meris Sehovic (déi Gréng), "le Parquet a confirmé que le dispositif spécial, dans sa composition actuelle, n'était pas adapté aux missions prévues. Encore plus grave, certaines procédures pourraient être annulées car des principes de l'État de Droit n'ont pas été respectés", comme cela a été dit durant la réunion.

Les partis déi Gréng, LSAP, Déi Lénk et les Pirates ont déposé ce jeudi une motion à la Chambre qui demande au gouvernement de retirer tous les agents de la police judiciaire du dispositif spécial. "Le ministre a encore le temps de remettre de l'ordre dans tout cela, avoir recours à une commission d'enquête est une décision qui doit être prise avec beaucoup de prudence", a expliqué Marc Goergen (Pirates).

La ministre de la Justice Elisabeth Margue (CSV) a indiqué n'avoir aucune autorité sur le Procureur général d'État ou sur les corps de police, "mais si nous devions retenir quelque chose de cette réunion, c'est un manque de communication dans ce dossier".

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