
Le jeune homme s'est présenté au tribunal sans avocat. Il voulait assurer seul sa défense. Il s'agissait en fait de quatre affaires différentes qui ont été traitées lors d'une même audience jeudi après-midi.
L'une de ces affaires porte sur les menaces qu'il avait adressées au président de Rosa Lëtzebuerg, Tom Hecker. Sur demande, celui-ci se rend en tant qu'artiste travesti - Tatta Tom - dans les écoles et les crèches pour fournir des informations sur la sexualité et l'orientation sexuelle. Dans un mail, l'accusé avait menacé Tom Hecker de lui "faire sortir le mal du ventre à coups de poing", s'il "refourguait sa maladie" à sa petite fille. "Je ne voulais pas qu'on raconte à ma fille qu'elle peut faire tout ce qu'elle veut", a tenté de se justifier l'accusé. Il éduque sa fille de cinq ans à la tolérance, mais il y a des limites.
La juge lui a fait remarquer que l'artiste travesti ne s'imposait pas sans qu'on le lui ait demandé au préalable, et que dans ce cas, l'accusé aurait pu simplement en parler avec les responsables de l'école. Ce dernier l'a reconnu sans conviction, il s'est excusé et a remercié Tom Hecker, présent en tant que témoin, de ne pas avoir demandé de réparation financière.
Dans une autre affaire, le prévenu était poursuivi pour avoir partagé sur les réseaux sociaux à la fin de l'année dernière une vidéo au contenu antisémite. Il a affirmé devant la Cour ne jamais avoir regardé cette vidéo. Tant la juge que la représentante du parquet lui ont alors fait remarquer que cela ne le mettait pas à l'abri d'une sanction. Si vous diffusez quelque chose, vous êtes aussi responsable du contenu.
Dans une troisième affaire, le jeune homme avait insulté des policiers début 2023. Et cela, lorsqu'après avoir trop bu, il avait été emmené en cellule de dégrisement, puis plus tard à l'hôpital pour y subir un examen. Il avait notamment traité un agent d'"idiot". En outre, il avait aussi menacé la famille des policiers et leur avait souhaité la mort. Six policiers ont demandé une indemnisation de 350 euros chacun.
La quatrième affaire est liée à une dispute que le prévenu a eue avec la police. Quelques jours après celle-ci, il avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il injuriait les policiers, entre autres.
Tout au début de son réquisitoire, la représentante du parquet a dit: "Je ne sais pas s'il y a grand chose à ajouter". En raison de l'attitude de rébellion de l'accusé et ce jusque dans la salle d'audience, elle a demandé une peine de prison de deux ans et une amende. Elle a encore indiqué qu'elle n'avait pas l'impression que l'accusé méritait un sursis.
Le tribunal rendra son verdict le 20 décembre.