
Un groupe composé de 15 Luxembourgeois et d'un Belge avait prévu d'effectuer un circuit dans la région, qui débutait par la Jordanie. Vendredi, Myriam Schmit est arrivée avec son groupe à la frontière israélienne, avec au programme la visite de plusieurs sites historiques. À ce moment-là, la Luxembourgeoise a trouvé la situation "très étrange", comme elle le raconte dans une interview accordée à RTL:
"Car depuis la frontière jordanienne, nous sommes relativement vite arrivés dans le no man's land. Et quand nous avons été à la frontière israélienne, cela a pris deux bonnes heures et nous avons été le dernier bus à entrer. Il y avait environ 25 autres bus derrière nous et apparemment ils ne sont pas entrés. Et à la frontière, le douanier a encore dit "Be careful". J'ai demandé 'Pourquoi?'... et alors il me regarde et me parle de quelque-chose avec le terrorisme. Mais nous n'avons pas bien compris."

Arrivé à l'hôtel en Israël, le groupe de Myriam Schmit a été immédiatement assailli de demandes d'informations, car le jour du sabbat, l'usage du téléphone portable est interdit ou extrêmement limité. Mais personne dans le groupe luxembourgeois n'était au courant de rien, de sorte que c'est seulement à l'hôtel qu'ils ont été informés qu'il y avait eu ces graves attentats dans le pays. Après coup, pendant l'interview, Myriam Schmit a déclaré qu'elle n'a pas compris pourquoi ils avaient encore été autorisés à entrer en Israël.
Lundi matin, le groupe a quitté Israël pour Amman en Jordanie. Il avait déjà tenté dimanche de planifier le départ de la région. Le poste frontière d'Allenby étant refermé dès dimanche soir, il a été décidé de quitter le pays via le poste frontière Sheik Hussein:
"Parce que ce dernier est plus sûr, il était certain que nous sortirions du pays de manière sûre, quitte à faire deux heures de route. La situation en Israël changeait également constamment, ce qui signifie que ce qui était sûr hier ne le serait peut-être pas le lendemain. Nous avons également été informés que le matin, il y avait eu des détonations à Jérusalem aussi. Jusqu'à hier, nous nous étions sentis relativement en sécurité à Jérusalem, car Jérusalem a aussi beaucoup de sites musulmans, de sorte qu'on dit toujours que c'est là que le moins d'attentats sont commis.'"

Pour Myriam Schmit et le reste du groupe, il était hors de question de se rendre à Tel Aviv et de prendre l'avion pour rentrer chez eux, car les aéroports sont souvent des cibles d'attentats privilégiées, donc trop dangereux. C'est la raison pour laquelle il a été décidé dimanche de passer par la Jordanie. Avec les passeports, cela a bien fonctionné sur place.
Bien entendu, déjà à Jérusalem même, contact avait été pris avec le ministère des Affaires étrangères, qui a conseillé au groupe de rester à l'hôtel: "Et comme je l'ai dit, à l'hôtel à Jérusalem, nous nous sentions également tout à fait en sécurité. Mais cette nuit, nous avons entendu des détonations et aussi les avions survoler la ville."
L'agence israélienne a également aidé le groupe de touristes, surtout avec le transfert pour le transport, de la même manière, il y a eu un bon contact en permanence avec le ministère des Affaires étrangères et l'ambassade de Belgique. L’organisation des transports est en effet plus compliquée et plus longue qu’on pourrait le penser: "Il faut également savoir que le bus que vous prenez de la Jordanie vers le no man's land est différent du bus que vous pouvez prendre pour entrer en Jordanie depuis le no man's land. Il n’est donc pas facile de dire 'Allez, quittons le pays'. Il faut demander des visas, différents bus doivent être demandés."
Myriam Schmit poursuit en racontant que dans le no man's land, ils ont rencontré un couple dont ils ne savent pas comment ils ont poursuivi leur voyage car il ne faisait pas partie d'un groupe organisé. Le poste-frontière par lequel le groupe de Luxembourgeois est sorti de justesse devait être complètement fermé lundi soir: "Cela commence alors à devenir difficile pour ceux qui souhaitent quitter le pays par vols réguliers."
Plusieurs pays devraient envoyer des avions militaires dans le pays pour récupérer les personnes qui n’ont pas réussi à franchir la frontière. Si Myriam Schmit n'avait pas été autorisée à traverser la frontière depuis Israël, elle aurait dû elle aussi prendre un tel avion, probablement un avion militaire belge. Un vol depuis Amman vers l’Europe est désormais prévu. La destination n'aurait pas grande importance pour le groupe, l'essentiel étant de sortir de la région en toute sécurité et d'atterrir en Europe.