Large Scale TestingDes tests de dépistage pour les personnes en situation précaire

RTL Infos
Durant toute la semaine, les personnes en situation précaire peuvent se faire tester au Covid-19 sur huit sites. Les tests sont réalisés par des organisations humanitaires.

Dans la population, il y a des gens qui ne peuvent pas participer d'eux-mêmes au dépistage à grande échelle (Large Scale Testing). Des professionnels du secteur de la santé ont donc décidé d'aller vers ces gens qui vivent dans la précarité: chômeurs de longue durée, jeunes en difficultés, sans-papiers, toxicomanes.

Tester autant que possible afin de briser les chaînes d'infections, c'est l'objectif du Large Scale Testing, le dépistage à grande échelle. Mais au Luxembourg aussi, tout le monde n'a pas une adresse, où recevoir une invitation à aller se faire tester. C'est pour cette raison que la Direction de la Santé a dû revoir sa stratégie pour la deuxième phase de tests.

Docteur Thomas Dentzer:''Nous allons aussi à des endroits à l'extérieur, chez des gens qui ne peuvent pas venir chez nous, afin de les avoir quand même dans le Large Scale Testing. Afin de voir s'il y a des cas positifs, et de les isoler ensuite.''

Plus de 500 tests de dépistage par jour peuvent être réalisés dans la station de dépistage mobile, en fait un bus spécialement aménagé. Ce bus se rend notamment dans les maisons de retraite et de soins, mais cette semaine, il visite des structures qui accueillent les personnes en situation précaire, comme le Centre Ulysse à Bonnevoie, par exemple.

''Il était important pour nous que cette population soit également prise en considération, car là aussi, il y a beaucoup de gens qui sont infectés, comme dans d'autres parties de la population.''

La Direction de la Santé travaille avec huit associations du secteur social. Au ministère de la Santé, le groupe de travail "Santé sociale" coordonne le travail sur le terrain.

Docteur Dentzer:''Nous nous rendons dans différents foyers, où différents coordinateurs, qui collaborent vraiment étroitement avec ces gens et assument le rôle de faire le lien entre ces personnes et notre équipe de traçage de contacts, proposent alors différentes mesures.''

Deux médecins bénévoles de l'association "Médecins du Monde" assument notamment ce rôle. L'un d'entre eux est le généraliste Guillaume Bastin. Il décrit sa tâche: ''Ces patients n'ont aucune assurance auprès de la Caisse nationale de Santé, aucun matricule, aucune adresse. Il faut donc les contacter autrement pour leur proposer un test. Ensuite, en tant que coordinateurs, nous recevons les résultats directement du laboratoire.''

Que se passe-t-il quand une personne en situation précaire est testée positive?

Les résultats sont analysés et si un test est positif, il faut contacter le plus vite possible le patient concerné. Si un numéro de téléphone est disponible, la personne est appelée. Sinon les coordinateurs doivent trouver une alternative. Un exemple: lundi, la station mobile était à l'Action Hiver (Wanteraktioun) au Findel. Et il y a eu des cas positifs. Le médecin généraliste Yann Gorges explique ce qu'il faut faire si le patient n'est pas joignable par téléphone:

''Alors j'appelle les responsables sur place de la Wanteraktioun. Je leur dis que ce patient est positif et qu'il doit être isolé. Ils voient alors s'ils peuvent mettre très très rapidement ce patient en isolement dans leur bâtiment B au Findel, qui est là pour isoler les cas positifs. Là ces gens ont un toit et sont isolés.''

Une solution à long terme est ensuite recherchée parce que le patient doit rester en isolement. Des chambres sont réservées dans des hôtels à cet effet.

De manière générale, la pandémie ne laisse pas de répit aux associations et aux bénévoles.

Le docteur Gorges se rappelle: ''Je parle du premier confinement. Nous avons adapté toute notre procédure des permanences. Mais nous sommes restés ouverts en tant que structure médicale d'accueil pour des patients, qui, sinon, ne recevaient d'aide nulle part.''

Il y a évidemment là des personnes qui ont potentiellement des symptômes du Covid.

''Si le patient n'a pas besoin d'une aide médicale d'urgence, nous l'envoyons se faire dépister avec une ordonnance. Avec les ordonnances que nous établissons, ces personnes peuvent aller dans n'importe quel laboratoire - cela a été convenu ainsi avec la Direction de la Santé.''

En consultant les acteurs concernés sur le terrain, on remarque leur soulagement qu'avec la crise du Covid, la médecine d'urgence dans le secteur social soit reconnue par le gouvernement.

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