
L'étude de l'Observatoire de l’habitat et du Statec dresse un constat clair: l'activité sur les marchés immobiliers et fonciers résidentiels reprend bel et bien.
Toutefois Julien Licheron estime que des mesures restent indispensables malgré le fait que les prix ont de nouveau augmenté au deuxième trimestre pour la première fois depuis plus de deux ans. Le chercheur affirme qu'il faut faire une distinction entre les différents types de logements et entre le court terme et le long terme.
En effet, les prix ont surtout fortement baissé pour les logements anciens (- 15% sur près de 2 ans). Cette baisse, combinée à plusieurs tranches indiciaires et une hausse du pouvoir d'achat, expliquerait qu'il y ait à nouveau une demande plus forte et plus d'activité dans ce segment.
En revanche, les prix des nouveaux projets ont baissé au maximum de 8% et donc l'activité dans ce segment est encore 5 fois moindre qu'en temps normal.
À partir de là, selon Julien Licheron, il est nécessaire d'intervenir à court terme et de renforcer les investissements. Il est également optimiste sur le fait que si la demande redevient plus forte, les prix n'exploseront pas comme par le passé. Pourquoi ? Parce que la perte de pouvoir d’achat provoquée par la hausse des taux d’intérêt, a montré qu'alors la demande s’effondre aussi. Les prix ont atteint des niveaux que les ménages ne peuvent plus se permettre.
Le LSAP, les Verts et la Gauche répètent que ces mesures enrichiront surtout les promoteurs, sans qu'il y ait beaucoup plus de constructions et que par conséquent, les prix resteront élevés. Pour Julien Licheron, "il est clair qu'à moyen et à long terme, l'objectif principal doit être de renforcer l'offre par tous les moyens disponibles". À cet égard, l’État a également apporté aux promoteurs des solutions qu’ils n’avaient peut-être pas auparavant, comme les procédures administratives simplifiées annoncées. Tout cela va dans le bon sens.
Julien Licheron sait aussi que même si les prix des logements anciens ont parfois baissé de 20 %, de nombreux ménages ont encore du mal à trouver un toit. Pour lui, il reste donc crucial de rendre l'offre plus cohérente avec la demande. Le chercheur constate que le stock de logements abordables et sociaux est à la traîne depuis des décennies au Luxembourg. Il reconnaît toutefois au gouvernement la volonté d'agir précisément là.
Il est également évident que dans toutes leurs actions, les responsables politiques doivent faire attention au timing et être réactifs aux dernières évolutions sur le marché immobilier.