"En cas de recours à la force"Des lacunes demeurent dans la formation des policiers stagiaires

Marc Hoscheid
Il y a environ deux ans et demi, la formation de base des futurs policiers a été fondamentalement restructurée et réduite de deux à un an.
© RTL

C'est dans ce contexte que le ministre de la Sécurité intérieure de l'époque, Henri Kox, avait chargé l'Inspection générale de la Police (IGP) d'un audit, afin d’évaluer si la formation de base prépare suffisamment les recrues à faire face de manière appropriée aux situations pouvant se présenter à elles et susceptibles d’entraîner un recours à la force. Le constat de l'IGP est que des améliorations peuvent être apportées.

Tout d’abord, il convient de souligner que l’objectif principal est de résoudre pacifiquement les situations critiques. Mais comme cela n’est pas toujours possible, les policiers stagiaires doivent également apprendre à recourir à la force de manière proportionnée et dans la légalité, en cas de nécessité absolue. Dans son audit, l'IGP évalue la partie théorique de manière plutôt positive. Les connaissances de base sont bien enseignées. Cependant certains aspects pratiques, dont l’entraînement aux situations impliquant un recours à la force, requièrent des améliorations. Dans son audit, l'Inspection générale de la Police a formulé 13 recommandations, dont la nécessité de prévoir davantage d'exercices, comme l'explique l'Inspecteur général adjoint, Vincent Fally:

"Le plus important c'est l'aspect pratique, le répétitif, qu'il y ait suffisamment de temps consacré à cela. Qu'il y ait aussi suffisamment de formateurs pour suivre cela. Je pense qu'il faut dire quand ce n'est pas bon, pourquoi ce n'est pas bon. Qu'il y ait vraiment un retour et que les stagiaires sachent qu'ils doivent améliorer cela."

Les exercices pratiques doivent également correspondre à la réalité. Dans une salle de sport, les conditions du terrain, comme l'humidité ou l'obscurité, par exemple, ne peuvent pas être simulées.

L'ex-ministre de la Sécurité intérieure avait demandé à la police de voir comment ces 13 recommandations pouvaient être intégrées dans un plan d'action. Deux de ces recommandations n’ont pas été retenues, trois ont été acceptées dans leur intégralité par la Police, sept ont donné lieu à une acceptation partielle, des actions alternatives étant envisagées et pour une recommandation, des analyses supplémentaires doivent être réalisées. A la question de savoir quelles sont les deux recommandations qui n'ont pas été retenues, Vincent Fally répond:

"C'est plus un point qui a à voir avec la sécurité des armes. Cela signifie que c'est une affaire interne, où la police est évidemment bien placée pour avoir un autre avis que nous. Un autre point est la réduction du temps de trajet sur les différents sites de la police. C'est évidemment évolutif. La police tente de réduire ce temps de trajet, ils l'ont déjà fait en disposant d'une salle de sport juste à côté de l'Ecole de police."

Le fait que "seulement" trois recommandations aient été entièrement acceptées n'est pas grave, car l'organisation de la police est un processus permanent et au final, on arrive à ce que l'objectif soit atteint. Et dans ce cas le but est la meilleure formation possible des recrues. En principe, l'IGP réalise plusieurs audits ou études par an. Au printemps, Henri Kox avait encore confié trois missions à l'IGP: sur la formation continue, l'instruction tactique de base et la réorganisation territoriale de 2018.

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