
Le deuxième confinement partiel en vigueur au Luxembourg depuis plus d'un mois et dont les restrictions ont été durcies samedi 26 décembre "a frappé encore plus durement nos entreprises que le premier. Non seulement parce que nous avons mis en place toute une série de mesures qui ont fonctionné, mais aussi parce que nous savons que nous ne sommes pas une source d’infection. Il y a une certaine frustration du côté des patrons qui est aussi lié à une certaine fatigue", a expliqué mardi au micro de RTL Radio, Alexa Ballmann, présidente de "Jonk Handwierk Lëtzebuerg" (JHL).
C'est la plate-forme d’échange pour jeunes chefs d’entreprise, affiliée à la fédération des artisans. Regroupant des chefs d'entreprise de moins de 40 ans issus des métiers de la menuiserie, mécanique, coiffure, beauté ou du multimédia par exemple, JHL regroupe 130 entreprises artisanales.
L'insécurité ambiante liée à l'évolution de la situation pandémique, aux tergiversations du gouvernement et aux chiffres des infections a eu des effets immédiats sur certaines branches vues comme non essentielles. "Nous le sentions énormément" et "avions aussitôt des annulations, directement à la minute", témoigne Alexa Ballmann. Avant d'expliquer le défi à ces fluctuations permanentes: "Une fois le personnel était présent mais nous n'avions pas de client, l'autre fois, les clients sont venus et nous n'avions pas le personnel".
À tous ceux qui pensent toujours encore qu'ils n'ont pas besoin de respecter les mesures sanitaires (masque, distanciation) et qui "exagèrent carrément", Alexa Ballmann lance un appel: "Il y a des existences et des emplois d'autres personnes en jeu!". La présidente de JHL souligne que ce n'est pas le moment de continuer à faire la fête.
A l'éternel inventaire de fin d'année, s'ajoutent cette année toutes les mesures administratives comme les demandes individuelles de chômage partiel. En ce qui concerne les aides de l'État aux entreprises, certaines comme l'aide du fond de relance sont les bienvenues. Si l'aide a permis de soutenir et de donner une bouffée d'oxygène aux entreprises artisanales, la situation est désormais tout autre puisque ces entreprises ont à nouveau été contraintes de fermer. Du coup cette aide n'est plus suffisante.
Alexa Ballmann aurait souhaitée des aides plus échelonnées. Elle rapporte aussi que les entrepreneurs sont constamment en train de jongler et d'essayer de comprendre les textes de lois. Souvent, les conditions sont tout simplement trop compliquées et la charge administrative trop lourde. Bonne note finale toutefois pour le ministre des Classes moyennes, Lex Delles (DP), qui prend souvent le temps d'écouter les doléances des PME.