
"Cher RTL, nous voulions vous demander si vous pouviez nous aider à dire à tout le Luxembourg que nous devons aider les hérissons", était-il écrit dans une lettre que notre rédaction a reçue il y a quelques semaines. Elle était écrite par Sienna, 7 ans, élève de 2e année à l’École internationale du Michel Lucius.
Avec leur enseignante, Emma Clarke, les élèves ont lu il y a quelque temps un livre sur un hérisson. Dans "Hodgeheg", il est question d’un hérisson qui confond les lettres.
"Nous avons lu le livre et l’un des enfants a demandé : qu’est-ce qu’un hérisson ? Nous avons commencé à comprendre qu’il y en a beaucoup moins aujourd’hui qu’à l’époque où moi j’étais enfant. Et c’est ainsi que les recherches ont commencé", explique Emma Clarke.
De leur propre initiative, les enfants ont dessiné beaucoup d’images et, pendant leur temps libre, ont même construit des abris pour les hérissons.
Il ne faut surtout pas donner de lait à boire aux hérissons. Si l’on veut leur mettre de la nourriture à disposition, il faut leur donner de la nourriture pour chats.
En réalité, ils aiment manger des escargots et des insectes, ce qui aide aussi les personnes qui ont un jardin, explique Alex : "Ils mangent les escargots sur les légumes. Sans eux, les légumes se détérioreraient. Et nous aurions moins de nourriture."
Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses informations que les élèves de 2e année ont recueillies. Ils ont produit beaucoup de textes sur les hérissons, regardé des reportages de Sir David Attenborough et se sont informés sur Internet. Par exemple sur le site internet du Centre de soins pour la faune sauvage à Dudelange ou sur iNaturalist.
"Les pesticides sont mauvais pour les hérissons, car c’est du poison pour les escargots. Or, les hérissons mangent des escargots. Ils mangent donc aussi le poison, et alors ils meurent", explique Lourenco.
Ce que les personnes ayant un jardin peuvent faire, c'est de permettre une sorte de passage pour les hérissons : "Si tu as une clôture, tu peux y laisser un petit trou : un passage pour hérissons. Ainsi, ils peuvent entrer", explique Maria.
Si les hérissons peuvent passer d’un jardin à l’autre, cela leur facilite la vie et ils sont mieux protégés que s’ils doivent sans cesse traverser des routes.
Globalement, les enfants sont tous d’accord : le hérisson doit être sauvé. "Ils ne méritent pas de mourir. Ils font du bon travail", souligne Alex.
Le nombre de hérissons a diminué ces dernières années. L’IUCN (International Union for Conservation of Nature) a reclassé le hérisson européen en 2024 dans la catégorie "Near Threatened" (quasi menacé).
Au cours des 10 dernières années, leur population a diminué de 16 à 33 % dans les pays qui effectuent des comptages. Au Luxembourg, il n’existe pas d’informations officielles sur le nombre de hérissons.

En classe, les élèves se sont également beaucoup intéressés au site Internet iNaturalist.lu. Il s’agit d’un projet mondial auquel tout le monde peut participer.
Chaque fois que quelqu’un voit une plante ou un animal, il prend une photo et télécharge ces informations. Cela aide à en apprendre davantage sur le nombre et le comportement des différentes espèces.
Les élèves ont toutefois remarqué que peu de gens participent à ce projet au Luxembourg. "Nous voulons vraiment sauver les hérissons, mais si tout le monde n’utilise pas iNaturalist, nous ne découvrirons pas combien de hérissons il reste. Alors, nous ne pourrons pas sauver tous les hérissons du Luxembourg", dit Sienna.
Dans leur lettre à RTL, les élèves ont demandé que le plus grand nombre de personnes possible soient informées du problème des hérissons. En plus de Medienhaus, ils ont également écrit à Sir David Attenborough ainsi qu’au ministre de l’Environnement.
Jusqu’à présent, ils n’ont toutefois reçu aucune réponse de sa part.