
Comment faut-il réagir dès les premières éruptions cutanées ?
"Si c'est une petite lésion ou juste à un endroit, sur un bras ou sur une jambe, ce n'est pas très inquiétant. Il convient de se débarrasser des poils des chenilles qui sont accrochés à la peau en prenant une douche, c'est essentiel. Tout comme il est important de mettre tous les vêtements portés dans la machine à laver.
Si la personne est plus sensible, ce qui est le cas surtout des petits enfants parce que leur système immunitaire réagit parfois plus violemment, il vaut mieux éviter le contact. Le premier geste doit être de prendre un médicament de type antihistaminique que les gens ont en général dans la pharmacie de maison. Attention toutefois à adapter le dosage pour les enfants.
De manière générale mieux vaut ne pas se promener en forêt puisque ces chenilles processionnaires se développent sur les chênes. Alors si un panneau prévient de leur présence, faites tout de suite demi-tour !"
À quel moment faut-il consulter un médecin ou aller aux urgences ?
"Il faut consulter un médecin quand le premier traitement ne marche pas et quand une grande partie du corps est touché, c'est-à-dire plus de deux membres et le thorax par exemple. C'est le médecin habituel qui décide s'il faut ou non aller aux urgences.
La grande urgence c'est lorsque vous êtes piqué par une abeille dans la gorge mais pas si vous êtes touché par des poils urticants de chenilles processionnaires. Ce n'est pas une urgence vitale. Excepté s'il y a un choc anaphylactique et que la personne s'évanouit. Mais je n'ai jamais vu cela. C'est plutôt une exception. Ça n'arrive que si les enfants jouent avec ces chenilles ou s'ils tombent dans le nid".
Quelle est la meilleure solution pour calmer les démangeaisons ?
"La plus simple reste l'eau fraîche. Mais de manière générale, tout ce qui refroidit, comme le douche froide ou la climatisation. Un ventilateur avec un drap humide placé devant, ça peut aussi aider.
Un gel, avec ou sans produit, rafraîchit chaque peau. Un gel avec un produit antihistaminique, une crème ou un spray à la cortisone ou à base d'hydrocortisone (c'est plus léger) existent en vente libre. Tout comme les comprimés antihistaminiques (céritizine)".
Quel est le plus grand danger ?
"Si quelqu'un réagit au-delà de la norme. Si quelqu'un tombe dans ces poils urticants il y a le risque d'une réaction massive allergique. Le bébé est plus exposé aussi.
Dans un deuxième temps, le danger vient de la surinfection bactérienne, si on se gratte. C'est la complication. Les bactéries se multiplient sur les lésions, ce qui est propice à une surinfection".
Les personnes atteintes une fois sont-elles exposées à des réactions encore plus sévères ?
"Je pense que non. Ce n'est pas décrit dans la littérature dans ce sens. C'est une réaction suite à la toxine des poils, ça réagit toujours de la même façon. On ne devient pas plus malade".