
"Je me souviens de quelqu'un d'une extrême gentillesse, et toujours ouvert au dialogue avec les citoyens" témoigne à RTL5minutes Denis Scuto. L'historien luxembourgeois a rencontré le Grand-Duc Jean à plusieurs reprises. "Notamment lors d'une visite guidée pour le 150ème anniversaire d'indépendance du Grand-Duché, dont j’avais été le coordinateur. Le Grand-Duc montrait un intérêt certain pour l'Histoire."
"Je me souviens aussi de sa présence à un discours que j'avais tenu sur le 50ème anniversaire de la grève générale de 1942. On remarquait le lien étroit qu'il avait avec ceux qui avaient connu cette époque."
Il rappelle le rôle historique du Grand-Duc Jean: "Il a vécu pratiquement un siècle, durant une période mouvementée, donc c'est un personnage historique de ce point de vue-là."
Sa naissance, d'abord, est porteuse de plusieurs symboles : "Il est, déjà, le premier descendant mâle de cette dynastie Nassau-Weilbourg, ce qui donnait un certain gage de stabilité au sein de cette dynastie." Le prénom de Jean est aussi symbolique : "C'est le prénom de Jean l'Aveugle, donc il a été choisi aussi pour l'inscrire dans l'histoire luxembourgeoise." C'est d'ailleurs à partir de cette époque que la dynastie va se donner une coloration plus luxembourgeoise et nationale.

Sa filiation en partie portugaise, par sa grand-mère Marie-Anne de Bragance, Infante du Portugal, est aussi très importante. "Les Bragance ont une double signification historique au Luxembourg, à la fois le revirement du protestantisme vers le catholicisme, et d’un autre côté cette filiation migratoire portugaise", qui porte encore aujourd'hui ses fruits puisque cette migration est devenue la première communauté étrangère du Grand-Duché.
Enfin, parmi les moments symboliques de son règne, en plus de sa volonté d'indépendance vis-à-vis de la politique nationale, l'historien cite en particulier "le fait qu’il soit rentré dans l’armée alliée durant la seconde guerre mondiale. C’est un acte symbolique fort, car par cet acte, en novembre 1942, le Grand Duché renonce à sa neutralité et se met du côté des alliés."