
"La grandeur d'une nation se manifeste dans la manière dont les animaux y sont traités": c'est avec cette citation que le Président de la Chambre et ancien ministre de l'Agriculture, Fernand Etgen, a introduit lundi le débat public sur la pétition 1843, qui revendique que l'abattage du bétail luxembourgeois dans des abattoirs non certifiés UE, soit interdit.
Près de 5.000 personnes ont signé la pétition des "Jongbauere", qui demande donc que le Luxembourg ne signe plus de certificats d'exportation de bétail vivant vers des Etats tiers de l'Union européenne.
Les pétitionnaires plaident pour l’introduction d’un passeport interdisant l’exportation et l’abattage de l’animal dans un abattoir non certifié UE, afin de permettre une meilleure traçabilité du bétail.
La discussion s'est bien déroulée, selon le ministre de l'Agriculture, Romain Schneider, car l'association des "Jongbaueren", pour commencer, défend l'image de marque des agriculteurs. Ils en auraient assez d'être toujours présentés comme conduisant de gros pulvérisateurs dans les champs.
En matière d'interdiction du glyphosate, le Luxembourg est précurseur, mais en ce qui concerne l'interdiction de l'exportation et de l'abattage extra muros, cela ne se fera pas du jour au lendemain,
Luc Emering, le président des "Jongbaueren", est satisfait du résultat du débat. Si l'objectif est encore loin, il y a plusieurs ouvertures, surtout, la première étape en direction d'un passeport national serait la preuve que nous sommes sur la bonne voie.
Quand ils vendent une bête, les agriculteurs ne savent pas où elle va ensuite, selon Kiki Hahn, qui est éleveur. Si un passeport national pour le bétail est introduit, les agriculteurs devront veiller à qu'il n'y ait pas de "société à deux classes d'exportation de bétail"! Il ne faudrait pas qu'u éleveur puisse cocher n'importe quoi sur ce passeport, exportation extra-UE ou pas.
Les jeunes agriculteurs souhaitent s'occuper des suites de la pétition jusqu'en septembre. Les députés se sont montrés intéressés pendant l'audition, à l'exception des verts, qui leur ont semblé un peu moins pointus sur le sujet.
Après ce débat, il manque peut-être encore quelque-chose aux signataires de la pétition surtout ceux qui attendent impatiemment un veto sur le transport d'animaux.
Le ministre Romain Schneider l'a évoqué et ne semble pas s'opposer aux pétitionnaires. Concernant l'abattage des animaux luxembourgeois dans les pays tiers, les chiffres sont bas.
En 2019, environ 200 animaux ont été transportés hors de l'Union européenne et abattus là-bas, mais seulement 20 en 2020. A cette date, aucune autorisation pour une exportation en vue d'abattage n'a été accordée par les autorités cette année.
Certains sont éventuellement frustrés par ce débat public. Mais le Luxembourg, avec l'Allemagne et les Pays-Bas, ont demandé à la Commission européenne de régler cette affaire. Nous avons demandé que de nouvelles lois européennes interdisent le transport d'animaux vivants dans des pays tiers! Et il ne faut pas oublier la responsabilité de l'agriculteur et de tous ceux qui ont apposé leur nom au bas de cette pétition pour le respect des animaux.