
Le projet de réforme prévoit des passerelles entre les formations en sciences sociales et le diplôme d’éducateur, ce qui raccourcirait la durée de la formation.
C'est par ce moyen que les responsables voudraient pallier le manque d'éducateurs, mais nous avons besoin de qualité plutôt que de solutions précipitées, juge le pétitionnaire.
Depuis cette année, les diplômés du secondaire en sciences sociales peuvent accéder directement en terminale du LTPES, le Lycée technique pour professions éducatives et sociales, et suivre une formation d'éducateur diplômé en un an plutôt que trois. Pour le pétitionnaire Francis Hoven, il y a un manque de pratique:
"Il y a un manque d'expérience pédagogique pratique significative si l'on choisit la voie d'une section sciences sociales. Le stage c'est du vécu. On y apprend à mettre la théorie en pratique.Ce faisant, on construit une identité éducative et une attitude éducative, qui sont extrêmement importantes pour la vie professionnelle."
Pour Francis Hoven, il faudrait gagner plus tôt les élèves pour la profession. "Je pense qu'il ne faut pas perdre de vue que cette expérience pratique est extrêmement importante. Nous savons que la section sciences sociales est celle qui compte le plus d'élèves. On pourrait réfléchir à la manière de faire entrer ces élèves en deuxième et pas seulement en terminale."
Le ministre de l'Education, Claude Meisch, a pour sa part affirmé qu'il s'agissait d'un projet pilote et qu'il était ouvert aux discussions avec le secteur. Un DAP (diplôme d'aptitude professionnelle) en éducation serait également en discussions: "Ma patience avait déjà été mise à rude épreuve car nous n'avions pas avancé. Nous avons dû discuter avec de nombreux acteurs différents, où de nouvelles idées ont surgi, à savoir un DAP en formation professionnelle dans le domaine de l'éducation."
Le secrétaire de l'ALEE, Yves Kails, critique la manière de faire du projet. "Nous ne sommes pas opposés au principe d'une passerelle, mais nous critiquons la manière de procéder. Une nouvelle fois, aucun dialogue social n'a été mené au préalable, et ensuite on s'installe et on parle avec les acteurs. Selon une étude de l'Université du Luxembourg, il manque 800 éducateurs.
La pétition serait arrivée à un bon moment, selon Nancy Arendt, la présidente de la commission des Pétitions. Nous allons attendre l'évaluation du projet et ensuite nous discuterons les points abordés au sein de la commission de l'Education, notamment un deuxième site pour le LTPES.