
L'entre-aide entre amis, c'est important. C'est dans ce contexte que commence une affaire intéressante du point de vue juridique. Un couple avait promis de nourrir le chat d'un autre couple alors que ce dernier était parti pendant quelques jours.
Les faits remontent au mois de juin 2017. Alors qu'ils étaient sensés s'occuper du chat samedi et lundi, l'amie s'est rendu compte lundi tard dans la soirée qu'ils avaient complètement oublié la pauvre bête. Elle a donc demandé à son partenaire de l'accompagner au domicile de leurs amis.
C'est là que les choses se compliquent. L'autre couple étant déjà revenu de voyage et déjà couché, ils ont pris leurs amis pour des cambrioleurs malgré les avertissements de l'amie en ouvrant la porte.
L'homme de 40 ans n'a pas hésité une seconde et a directement infligé un coup de poing au visage ainsi qu'un coup de genou dans le ventre au compagnon de son amie. La victime a été emmenée à l'hôpital avec plusieurs os cassés à hauteur du visage ainsi qu'une blessure plus sérieuse nécessitant plusieurs interventions chirurgicales.
Le diagnostique est clair: la vue de son œil droit ne sera plus jamais parfaite.
Le couple auquel appartient le chat n'aurait pas entendu les avertissements de leur amie et l'homme aurait agi pour assurer sa survie en apercevant les deux silhouettes à son domicile. Les récits diffèrent quant aux circonstances exactes des coups et blessures ainsi que ce qui avait été décidé entre les deux amies concernant la nourriture du chat.
La juge en charge du dossier est d'avis qu'il y a un lien entre les coups violents et les blessures validées par certificats médicaux. Le jugement fait état de "gestes agressifs délibérés", d'une "réaction visiblement disproportionnée" et du fait que le condamné ne pouvait pas ignorer les conséquences de ses actes.
Les coups et blessures volontaires ont donc été maintenus, la juge n'est d'ailleurs pas d'avis qu'il s'agit d'une situation de légitime défense. L'avocat du prévenu a plaidé contre cette version et a demandé l'acquittement de son client.
La légitime défense implique une attaque qui n'a clairement pas eu lieu dans ce cas précis, le propriétaire du chat a été condamné à une amende de 250 euros, la peine maximale au tribunal de police.
La victime réclame quant à elle des dommages et intérêts à hauteur de 61.000 euros. Deux experts ont été nommés afin de fixer les dommages subis.