
Livista Energy, une entreprise dont le siège est au Luxembourg, prévoit la construction en Europe de deux usines de raffinage de lithium. Elle souhaite ainsi compléter les chaînes de production de batteries automobiles en Europe et contribuer à la transition énergétique. La recherche devrait être centralisée au Luxembourg.
Jean-Marc Ichbia, directeur opérationnel de Livista Energy: "Nous pensons que le Luxembourg est l'endroit idéal pour créer un centre d'excellence. Nous voulons implanter nos recherches et nos laboratoires ici, en collaboration avec le List et l'Université."
La société prévoit également de financer des chaires de recherche, qui devraient étudier comment la production de lithium et les batteries peuvent être améliorées. Vers la fin de l'année, les plans pour l'équipement des laboratoires et les programmes de recherche devraient être arrêtés.
La construction des deux raffineries européennes sur des sites jusqu'ici secrets, coûtera environ un milliard d'euros. Un coût que Livista veut financer au moyen de prêts accordés par des banques. L'entreprise recherche également des investisseurs.
Les sites doivent être aussi durables que possible et émettre le moins de gaz à effet de serre possible. "Notre première usine sera alimentée en électricité presque à 100 % par un parc éolien offshore."
Plus de la moitié des besoins en gaz d'une telle raffinerie pour chauffer les fours devraient être couverts par l'hydrogène produit sur place.
Le lithium peut être obtenu à partir de minerai, de saumure et du recyclage de vieilles batteries. "Avec nos usines, nous souhaitons nous concentrer sur le raffinage de lithium recyclé."
Les besoins en lithium vont fortement augmenter dans les années à venir. D'ici 2040, la production mondiale de voitures électriques devrait passer de 10 millions par an actuellement à 33 à 40 millions par an.
"L'Europe à elle seule aura besoin des mêmes quantités de lithium que le monde entier aujourd'hui, alors qu'il n'existe actuellement aucune raffinerie en Europe."
Ce qui représente environ 500.000 tonnes. Pour le moment, tout le lithium utilisé dans les batteries européennes est raffiné en Asie. C'est pourquoi Jean-Marc Ichbia met en garde: "Il faut réagir aujourd'hui, si nous ne voulons pas avoir de retard et si nous voulons assurer une transition énergétique sans être totalement dépendants de l'Asie."
Si la situation entre la Chine et Taïwan devait s'aggraver, cela pourrait conduire à des situations similaires à celles avec le gaz russe pendant la guerre en Ukraine, prévient-il.
"Mais alors, les chaînes de production et des millions de travailleurs seront à l'arrêt, parce qu'il nous manquera un seul minéral essentiel pour les batteries."
Les deux raffineries de Livista devraient pouvoir produire du lithium pour 1,7 million de voitures électriques. D'autres entreprises aussi sont en train de développer des capacités de raffinage de lithium en Europe. Mais Jean-Marc Ichbia ne craint pas la concurrence, dit-il. Premièrement parce que la demande sera telle qu'il y aura suffisamment de place sur le marché et deuxièmement parce que grâce à cela, le développement des technologies sera plus poussé.