
Le revenu disponible par habitant a augmenté ces quatre dernières années depuis 2019 de 1.839 euros net, selon les calculs du Statec.
Ces analysent montrent cependant que l'augmentation du revenu à travers les tranches indiciaires ne compense pas totalement la perte du pouvoir d'achat causée par l'inflation.
L'indexation des salaires au Luxembourg a permis à ces derniers d'augmenter d'un peu plus de 3.000 euros ces quatre dernières années. Ces calculs se basent sur les données réelles de l'Administration des contributions directes et de l'Inspection générale de la Sécurité sociale (IGSS).
Cette évolution des salaires implique également une augmentation des impôts payés par les citoyens, car les catégories fiscales et le taux d'imposition ne sont pas liés à l'inflation. Les recettes fiscales de l'État augmentent aussi en raison de la hausse de l'emploi au Luxembourg, soit un plus grand nombre de personnes imposées dans le pays.
Une analyse par ménage montre que le pouvoir d'achat a augmenté ces quatre dernières années malgré l'inflation élevée. Cela vaut en moyenne pour tous les ménages mais aussi pour les différentes catégories de revenus. Pour les ménages aux revenus les plus faibles (1er quintile), la hausse de pouvoir d'achat se chiffre à près de 400 euros. Pour le 2e quintile, cela représente une hausse de 1.700 euros.
Chaque catégorie augmente selon ses revenus avec même plus de 7.000 euros pour les ménages les plus à l'aise par rapport à la situation pré-pandémie, donc en 2019.
Les revenus sont divisés en cinq quintiles afin d'avoir une vue plus structurée de la situation au Luxembourg.
Ces montants prennent déjà en compte les mesures des différentes tripartites. Tom Haas du Statec explique que "sans ces mesures, les ménages appartenant au 1er quintile, les 20% les plus pauvres du pays, auraient connu une évolution négative du pouvoir d'achat. L'évolution pour les autres quintiles aurait été positive par rapport à 2019, mais moins élevée. Les mesures des tripartites ont donc eu un effet positif sur toutes les catégories".
Les ménages aux revenus les plus élevés ont connu une plus forte progression de leur pouvoir d'achat car l'impact de l'index est plus conséquent sur les plus gros salaires.
Ce sont effectivement surtout les ménages aux plus faibles revenus qui ont du mal à boucler les fins de mois, en raison des coûts liés au logement.
Dans la balance panier de la ménagère/index, les frais de logement représentent environ 16%: les loyers (6%) et le factures eau, électricité, gaz, chauffage (10%). La hausse des prix de vente dans l'immobilier n'est pas du tout prise en compte dans cette comparaison.
Selon les dernières données concernant le taux d'effort (partie du budget réservé au logement), les revenus les plus faibles dépensent le plus pour le logement. En 2019, les locataires du 1er quintile dépensaient 50% de leur budget pour le logement. Le 2e quintile devait prévoir 36% du budget pour le logement, alors que le panier de la ménagère prévoyait 16% du budget des ménages.
Seuls les 20% de ménages les plus riches (locataires et propriétaires ayant contracté un prêt hypothécaire) dépensaient moins de 20% de leur budget total pour le logement. Cette comparaison des prix du logement dans la balance panier de la ménagère/index ne reflète donc pas vraiment les dépenses réelles des ménages.
Les nouveaux loyers ont fortement augmenté ces derniers temps, avec des augmentations dépassant les 11%. Seuls les nouveaux contrats signés ces derniers mois sont pris en considération, ceux déjà compris dans des contrats existants n'ont pas augmenté de manière significative.
Une comparaison sur le long terme permet de mieux saisir l'ensemble de la situation: depuis 1995, le revenu disponible a augmenté de 36% alors que les loyers ont connu une hausse de 77%.
Lorsque l'on prend en compte le revenu réel (donc moins les frais du ménage, cotisations, impôts, etc.), la réelle augmentation des prix de l'immobilier est de 17% depuis 2019, et même de plus de 175% depuis 1995.
À cela, il faut ajouter la hausse des taux directeurs de la Banque Centrale européenne (BCE), ce qui a fait augmenter les prêts hypothécaires. Les calculs du Statec prennent aussi cette évolution en compte pour ces quatre dernières années afin de calculer le revenu réel par habitant.
Tom Haas souligne que "ces hausses impactent certains ménages de manière significative. Les ménages ayant opté pour un taux variable peuvent se retrouver avec 3.000 à 4.000 euros de dépenses supplémentaires. Mais leur incidence est relativement faible en comparaison avec tous les autres ménages, donc l'impact moyen des hausses des taux directeurs est assez limité".