
Le thème "enfants et coronavirus" est au centre des discussions depuis mars dernier. Au Luxembourg, les établissements scolaires ont repris lundi leur mode de fonctionnement d'avant les vacances de Noël.
Tant au fondamental qu'au secondaire, la plupart des élèves ont repris l'enseignement en présentiel. Les lycéens des classes de 4e, 3e et 2e ont pour leur part cours en alternance, au moins jusqu'aux vacances de carnaval. Le port du masque est obligatoire pratiquement partout. Des détecteurs de dioxyde de carbone vont faciliter l'aération des classes et permettre ainsi d'éviter des infections. Les équipes mobiles de dépistage, qui interviennent notamment dans les établissements scolaires, vont être renforcées.
En cas d'infections, c'est le modèle graduel qui intervient, comme il fonctionnait déjà avant les vacances de Noël. Ce plan prévoit trois scénarios:
- scénario 1: un cas positif dans une classe. La personne concernée est isolée tandis que le reste de la classe est mis à l'écart sans quarantaine.
- scénario 2: plusieurs cas dans une classe. Toute la classe est alors mise en quarantaine.
- scénario 3: une chaîne de contaminations est détectée dans une classe ou une école. Dans ce cas, des mesures spécifiques sont décidées conjointement par les ministères de la Santé et de l'Education.
Des détails complémentaires figurent sur le site internet du ministère de l'Education.
Il ressort d'une étude de l'École polytechnique fédérale de Zurich, qui a évalué 1,5 milliard de mouvements au moyen de données de téléphonie mobile depuis mars 2020, que la fermeture des écoles est l'une des mesures anti-Covid les plus efficaces. Selon les scientifiques, cela réduirait la mobilité de 21,6%. Deux autres mesures ont un plus gros impact sur la réduction des déplacements: l'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes (25%) et la fermeture des restaurants et des commerces non-essentiels (22,3%). Une étude autrichienne indique en outre que les élèves ne sont pas moins souvent contaminés que les adultes.
Sur Twitter, le virologue allemand Christian Drosten souligne qu'au Royaume-Uni, avant les vacances de Noël, 1% des adultes étaient infectés au Sars-CoV-2, tandis que près de 2% des élèves du fondamental et 3% des élèves plus âgés l'étaient. Pendant les vacances, la prévalence a reculé chez les élèves, alors qu'elle a augmenté chez les adultes. Christian Drosten écrit: "Y a-t-il encore un doute sur le rôle de l'école dans la propagation du SARS-CoV-2?"
Retrouvez ici l'étude suisse et l'étude autrichienne.
La virologue Isabella Eckerle a déclaré lors d'une table ronde du Science Media Center Däitschland, qu'il est difficile d'estimer actuellement si la variante britannique joue un plus grand rôle auprès des enfants ou pas.
"On ne peut pas encore vraiment dire si cette variante joue un rôle plus important auprès des enfants ou si nous voyons simplement maintenant ce qui a toujours existé. Parce que cette idée selon laquelle les enfants ne sont pas infectés par le virus et que les écoles ne jouent aucun rôle, je pense qu'elle a été mise de côté par la science à l'heure actuelle. Le virus peut infecter les enfants, le virus peut également circuler chez les enfants. Je pense que nous n'avons pas perçu le problème pendant longtemps, parce que les enfants ne remplissaient pas les critères du dépistage et qu'ils sont souvent asymptomatiques."
(Isabella Eckerle, le 8 janvier 2021)
Le reportage en langue luxembourgeoise: