
Le coronavirus représente de moins en moins une menace pour la santé publique, le virus évolue de plus en plus vers une maladie infectieuse individuelle dont chacun doit assumer la responsabilité. C'est l'avis émis ce mercredi au micro de RTL par le Professeur Claude Muller, spécialiste en virologie, face à la situation actuelle, en observant non le nombre d'infections mais les hospitalisations.
La situation dans les cliniques a été dès le départ l'un des principaux facteurs d'appréciation de la situation et le risque d'hospitalisation ou d'admission en soins intensifs n'est plus aussi important à présent.
Les tranches d'âge qui pèsent sur les hôpitaux, précise Claude Muller, sont aux trois quarts vaccinées et les autres ne viennent pas à l'hôpital.
"En conséquence, l'aspect public du coronavirus est devenu beaucoup moins important. Il s'agit désormais de garantir une protection individuelle et chacun doit à nouveau assumer davantage sa responsabilité individuelle, comme c'est le cas pour toute maladie. Chacun est responsable de sa propre santé."

Par responsabilité individuelle, Claude Muller entend, entre autres, le vaccin, qui reste l'ABC pour le spécialiste en virologie.
"Vacciner, vacciner, vacciner d'une part. D'autre part, si les restrictions restent telles qu'elles sont, chacun peut décider pour soi à quelle quantité de risque il veut s'exposer, c'est-à-dire que chacun peut décider soi-même dans quelle situation il utilise un masque et quelle distanciation il respecte."
Claude Muller ne doute pas qu'une troisième dose protège encore mieux, mais il faut aussi prendre en compte qu'il existe des pays où les gens n'ont pas encore eu la possibilité de se faire vacciner pour la première fois.

D'un point de vue strictement scientifique, Claude Muller qualifie de "super" les vaccinations croisées, c'est-à-dire l'utilisation d'un autre vaccin pour la deuxième ou éventuellement la troisième injection. Mais la décision serait politique.
Actuellement, les enfants de moins de 12 ans ne peuvent pas encore être vaccinés contre le coronavirus. A l'automne, à la rentrée, ils seront les seuls à ne pas avoir encore eu la possibilité de se protéger contre le virus. Une situation où les parents ont une grande responsabilité, comme le dit le docteur Claude Muller. Ils devraient se faire vacciner.
"S'il y a une cloche des parents, qui sont tous systématiquement vaccinés, au-dessus des enfants, cela aura clairement un effet protecteur sur les enfants qui vont à l'école..."
Claude Muller estime qu'à court terme, il sera également possible de vacciner les enfants de moins de 12 ans contre le coronavirus. Après tout, d'autres vaccins sont surtout faits à des enfants.
A cette date, il y a à nouveau officiellement 944 infections actives au coronavirus. Ces derniers jours, beaucoup plus de personnes ont été infectées. Le Professeur Claude Muller a constaté ces dernières semaines une certaine ambiance optimiste, qui expliquerait la hausse des chiffres.
"Les vacances jouent un rôle important, un tiers de la population est complètement vaccinée. Les chiffres ont bien d'abord reculé considérablement, mais ensuite nous voyons comment les gens sont assis les uns près des autres au football, sans masque. Les restaurants ont rouvert, nous avons des manifestations sportives, de grands rassemblements sont à nouveau possibles et cela donne le sentiment que la pandémie est terminée. Le comportement des gens pousse à nouveau vraiment le processus d'infection."
Pour Claude Muller, nous sortons toutefois progressivement de la situation où le coronavirus représentait un risque de santé publique. Il devient de plus en plus une maladie infectieuse individuelle face à laquelle chacun doit assumer sa responsabilité individuelle.