
Michel Kościelniak est formateur d’éducateurs et de comportementalistes canins depuis 47 ans. Il officie en Belgique, précisément dans le pays où l'agent de la société G4S, impliquée dans l'affaire du quartier gare, a obtenu un diplôme de maître-chien d'après le directeur de la société au cœur de la polémique. Une vidéo qui a beaucoup circulé sur Internet montrait un chien, tenu en laisse par un agent de la société de sécurité privée, qui mord un individu à terre.
Alors que la politique sécuritaire autour de la gare centrale était débattue en conseil communal ce lundi, nous avons montré la vidéo qui a déclenché l'affaire à Michel Kościelniak. "Avant de tenter une analyse, nous a-t-il précisé en introduction, il faut rappeler qu'aujourd’hui en Belgique, les chiens des agents de sécurité ne font que de la figuration. La législation imposée en Belgique ne permet plus, par exemple, d'utiliser des muselières de frappe. Le rôle des agents est dissuasif, ils ont vocation à rassurer, postés devant des endroits comme des supermarchés."
Michel se veut mesuré, il sait quel genre de réaction peuvent entraîner des observations trop hâtives.
"Quand la vidéo commence, poursuit-il, le chien est déjà sur l’homme, je ne peux donc pas donner mon avis sur la pertinence de la légitime défense. Il est compliqué de définir ce qui est proportionnel à l’attaque, c’est à l’interprétation du juge. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il s'agit d'un malinois - et pas d'un berger allemand -, qu'on voit qu’il est entraîné au mordant, qu'il ne lâche pas assez vite. Donc pour moi, c’est du mauvais boulot. Ici, on est dans une situation compliquée. C’est sûr que, normalement, un bon chien n’enlève pas sa muselière et un maître-chien ne le laisse pas faire. Après, dans la situation a priori dangereuse que vit cet agent, je considère que ce dernier n’est pas sa place. Ce genre d'intervention relève pour moi du champ d'action de la police. Il faut changer la législation et mettre un corps spécial en place."

Certes, le formateur relève quelque chose d'anormal dans cette intervention. Pour autant, il ne veut pas accabler l'agent dans la mesure où, selon lui, la situation qu'il doit affronter sort du domaine de compétence d'un simple agent de sécurité.
"Je ne crois pas que le chien ait pu enlever sa muselière tout seul, précise Michel. Je pense que le maître-chien a dû avoir peur, ou qu'il l’a retirée au chien pour une autre raison. Cela reste une énigme."
Michel Kościelniak nous a appris qu'à ce jour, quiconque a suivi 16 heures de formation auprès d'un organisme comme le sien peut se proclamer maître-chien.
Sur la table des débat du conseil communal de Luxembourg-Ville ce lundi, une motion déposée par les trois partis d'opposition (LSAP, déi Lenk et déi gréng) réclame que soit "résiliée immédiatement la convention avec G4S".