
„Nous devons mettre des accents et des priorités, et agir stratégiquement“, a déclaré mercredi après-midi le Chef de la diplomatie luxembourgeoise devant les députés. Jean Asselborn a affirmé que la crise avait provoqué de la vulnérabilité, de la fragilité dans l'ordre mondial, que nous avons contribué à construire depuis la deuxième guerre mondiale.
Au niveau luxembourgeois, Jean Asselborn a souligné que la plus grande opération de rapatriement avait été organisée dans le contexte de la crise sanitaire. Plus de mille citoyens ou résidents luxembourgeois ont été rapatriés au Grand-Duché pendant la crise, avec l'aide du ministère des Affaires étrangères.
Par ailleurs, cette crise a remis en question beaucoup de ce que nous considérions comme une évidence, notamment l'ouverture des frontières et la liberté de déplacement dans l'Union européenne. Mais une crise offre aussi la possibilité d'en tirer des leçons, parmi celles-ci, Jean Asselborn a cité un meilleur dialogue sur la santé publique, mais aussi sur la protection de l'environnement ou les systèmes mondiaux d'alerte précoce pour les maladies, auxquels il faut à présent travailler.
La déclaration du Chef de la diplomatie était évidemment axée cette année sur la pandémie actuelle. La crise sanitaire nous a mis devant de nombreux défis, pas seulement au niveau national, mais aussi au niveau européen et au niveau mondial, a dit Jean Asselborn. Mais nous avons vu qu'aucun Etat ne peut maîtriser seul les défis globaux de la crise.
"En cette période de vulnérabilité, nous ne pouvons et nous ne devons pas nous cacher. C'est notre devoir en tant que Luxembourgeois, en tant qu'Européens, en tant que membres de la communauté internationale, d'annoncer la couleur, de ne pas faire preuve d'indifférence. Nous devons, plus que quiconque nous engager activement, en Europe et au-delà, pour les intérêts de notre pays et de ses citoyens, pour les valeurs fondamentales de la démocratie, pour un ordre mondial, qui repose sur des règles claires, pour une vie commune pacifique, socialement et climatiquement juste, où personne n'est mis hors-jeu."
A propos de la politique migratoire, le ministre des Affaires étrangères affirme que nous avons besoin d'un système plus juste. "Nous avons besoin de résultats pour une politique migratoire européenne plus humaine et efficace. Le problème n'est pas les migrations, mais la gestion que nous en avons", selon les termes de Jean Asselborn.
En ce qui concerne la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 1er janvier 2021, le Chef de la diplomatie souligne qu'elle engendrera d'importants changements, qu'un accord soit trouvé ou pas. Le Royaume-Uni restera malgré tout un partenaire du Luxembourg et de l'Union européenne.
Le ministre des Affaires étrangères a également abordé le rôle-clef que joue la Russie dans de nombreuses régions du monde. Pour cette raison, il faut maintenir le dialogue avec la Russie, qui est un voisin incontournable de l'Europe. Mais les principes de l'Union européenne et les sanctions ne peuvent pas être remises en question et la situation des droits de l'homme dans le pays doit aussi être abordée. Dans le contexte du processus de paix entre Israël et la Palestine, Jean Asselborn a parlé d'une impasse. Il voit dans l'élection de "Joe Bidden" une lueur d'espoir pour en sortir.