Pouvoir d'achat, prestations familiales, logement"C'est le moment" d'agir!, lance l'OGBL au gouvernement

Maurice Fick
Manque crucial de logements, prestations familiales toujours pas revalorisées, injustice fiscale qui touche les frontaliers... "#clemoment" (c'est le nom de la campagne national) de faire avancer les choses, presse le 1er syndicat du pays.
© Didier Weber / RTL

Le temps presse, d'autant plus que la crise sanitaire du Covid n'a fait qu'accentuer tous les problèmes latents au Luxembourg. Crise du logement, inégalités, réchauffement climatique, pouvoir d'achat, temps de travail, droit à la déconnexion, réindexation des allocations familiales... autant de sujets abordés par l'OGBL, en comité national, ce mardi au centre de conférence à Luxembourg-Kirchberg.

La sortie de la crise sanitaire est bien amorcée et celle de la crise économique s'annonce moins dramatique que prévue au Luxembourg. Alors "c'est le moment de négocier" fermement avec le gouvernement, lance Nora Back, présidente de l'OGBL, pour avancer enfin sur ces dossiers capitaux.

Mais attention: "Il n'est pas question de faire une politique d'austérité!". Un terrain très sensible pour le syndicat se posant comme le défenseur des travailleurs qui ont souffert de la crise: "Nous ne lâcherons pas un millimètre!" est prévenu Xavier Bettel, en amont de son discours sur l'état de la Nation, le 18 octobre.

L'heure de la rentrée syndicale a bien sonné pour l'OGBL et "c'est le moment" de lancer sa vaste campagne pour faire pression sur un gouvernement DP-LSAP-déi gréng au pouvoir depuis huit ans et qui sera jugé dans moins de deux ans. L'échéance électorale, elle, est fixée au 11 juin 2023. L'ennui c'est que "durant tout ce temps, il n'a pas produit grand chose pour remédier à la crise du logement", balance Nora Back.  Mais "nous n'avons plus de temps à perdre! Nous avons le devoir politique de négocier" un dossier sur lequel il y a consensus sur l'urgence à agir.

L'INDEXATION QUI ARRIVE "TROP TARD"

Parmi les six points qui animeront la nouvelle campagne de l'OGBL, le maintien du "pouvoir d'achat qui a souffert pendant la crise" arrive en première position. Le message ici est limpide: "Il faut maintenir l'indexation des salaires et nous ne tolèrerons pas la moindre attaque sur ce plan", pose fermement Nora Back.

L'indexation des allocations familiales à compter du 1er janvier 2022 "arrive trop tard" et le gouvernement a roulé tout le monde dans la farine, fait entendre l'OGBL. Primo, cette réindexation (supprimée en 2006) avait été actée dès 2014 et depuis le manque à gagner est de 7,7%, a calculé l'OGBL. Secundo, la prochaine tranche indiciaire tombera avant la fin 2021 et n'impactera toujours pas positivement les allocations familiales!

Son concurrent, le LCGB, a enfoncé un peu plus le clou lundi, jugeant l'attractivité du marché du travail luxembourgeois "en péril". L'étincelle étant La hausse surprise des impôts pour les frontaliers dont le conjoint travaille en France. Là aussi l'OGBL crie à l'inacceptable. "Il faut amender la convention fiscale franco-luxembourgeoise pour éviter la double imposition. Même si cela n'en est pas une réellement, au niveau pécunier cela revient à ça pour les frontaliers", relève la présidente de l'OGBL.

Elle assure que le syndicat a "envoyé des courriers à Pierre Gramegna, à Bruno Le Maire, aux élus de la région frontalière et à ses membres avec une lettre-type à envoyer à Paris. En réclamant à plusieurs milliers, nous avons plus de chance de réussir".

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