
A la fin de l'année, Nicolas Buck, cèdera son poste de président de l'UEL à Michel Reckinger. Le moment est venu de tirer le bilan et s'il y a une chose qu'il souhaite se rappeler, ce ne sont pas les conflits, mais ce qu'il a mené à bien avec les partenaires sociaux depuis le déclenchement de la crise du coronavirus, a déclaré Nicolas Buck mercredi sur RTL.
Nicolas Buck est fier du dialogue social tel qu'il fonctionne maintenant. On a même réussi à réanimer le Conseil économique et social. La confiance entre partenaires sociaux est meilleure à présent qu'en 2019, comme le montre l'accord sur le télétravail de mardi. Il a également une bonne relation professionnelle avec le ministre du Travail, Dan Kersch. La crise sanitaire a montré que "quand les opinions divergentes sont défendues avec véhémence, gouvernement, syndicats et patronat ont la force de trouver des solutions pragmatiques." Nicolas Buck espère que cet esprit sera conservé pour résoudre les problèmes à long terme après la crise.
"On peut toujours se fâcher à un moment entre partenaires, et les autres ont écouté. Et il faut séparer le fond de la forme", dit Nicolas Buck.
Selon lui, la grande question pour le pays, c'est comment on prépare et on organise la croissance, qu'il souhaite aussi à ses enfants. "Nous tous et les politiciens, qui sont aux responsabilités", nous n'avons pas cru que le pays se développerait économiquement mais aussi démographiquement, comme il l'a fait ces 25 dernières années. C'est pour cette raison que le pays est toujours à la traîne au niveau des infrastructures, des autoroutes ou encore du périmètre constructible.
On parle beaucoup de la Grande Région, Nicolas Buck préfère parler de „Grand Luxembourg“. Il faudrait définir comment on trouve la main d'oeuvre, où ils viennent habiter et où ils travaillent. Celui qui est toujours président de l'UEL, a souligné que seuls 10% du territoire était urbanisé, „ce n'est pas comme si on n'avait plus de place et d'autres grandes villes peuvent encore voir le jour dans ce pays“.
A la question de savoir si la multiplication des infrastructures ne se fera pas aux dépens de l'environnement, Nicolas Buck répond: „ça dépend quelle sorte de voiture roule sur l'autoroute“. A l'affirmation que de plus en plus de gens ne profiteraient plus du modèle luxembourgeois, il réplique: „Vous avez dit cela maintenant de manière tellement simpliste. C'est une question éminemment politique“. Selon Nicolas Buck, il s'agit de décider „comment je partage le gâteau“. La contribution des entreprises serait de faire grossir le gâteau. Il ne faut pas nier que dans une économie de marché, il y a beaucoup d'efficacité, mais aussi „parfois des injustices“. Mais „ce n'est pas le sujet ici. Le sujet est: comment le gâteau peut grossir et comment je l'organise?"