Le mini-robot roule lentement à travers un bac à sable surdimensionné rempli de sable grossier, censé reconstituer la surface lunaire. L’engin, grand comme une cagette de bière, est un prototype du rover qui circulera peut-être sur la Lune dès le début de l’année prochaine.
L’objectif de la mission est de démontrer qu’une entreprise privée peut développer un tel engin. Ce dernier est capable d’emporter jusqu’à un kilo de charge sur la Lune et également de récupérer du matériel lunaire. Par ailleurs, l’entreprise ispace Europe a également des clients privés.
“Un client souhaite que nous emportions un équipement qui lui appartient et qu’ensuite nous le prenions en photo”, explique Julien-Alexandre Lamamy, directeur général d’ispace. Un autre client de la société, la NASA cette fois, veut que du sol lunaire soit prélevé. Elle paye 5.000 dollars pour cela.

Mais la question ici n’est pas celle des montants versés par les différents partenaires. Pour ispace, il s’agit du robot qui, avec ses cinq kilos, devra être aussi léger et économe en énergie que possible. Etant alimenté par l’énergie solaire, sa mission durera précisément une demi-journée lunaire, ce qui équivaut à deux semaines de jours terrestres.
“Nous aurons jusqu’à l’équivalent de 14 jours terrestres, au cours desquels nous profiterons des rayons du soleil. Dès qu’il fera nuit, il fera si froid que nous ne surmonterons pas la nuit”, affirme Philippe Ludivig, ingénieur en robotique. La nuit, il fait jusqu’à moins 200 degrés sur la Lune. Les responsables disposeront donc de 14 jours terrestres pour circuler avec le robot. Ispace se réjouirait évidemment que le robot résiste à la longue nuit lunaire et puisse continuer à se déplacer et prendre des photos.
Avant toute chose, il faut que le robot miniature arrive sur la Lune. En août, il sera d’abord envoyé à Tokyo, où il sera intégré dans une fusée japonaise. Ensuite elle partira pour la Floride, d’où elle sera emmenée dans l’espace par une fusée Space X.
“Normalement, on peut voler jusqu’à la Lune en deux semaines, mais cela consomme beaucoup d’énergie”, précise Julien-Alexandre Lamamy. Nous avons donc choisi l’option écologique. Cela prendra par conséquent quatre mois.

L’entreprise japonaise, qui est aussi basée aux Etats-Unis, est implantée au Luxembourg depuis sept ans. Le ministre de l’Economie, Lex Delles, évoque un écosystème luxembourgeois de l’espace. “Il ne s’agit pas d’une volonté de l’État luxembourgeois d’occuper la Lune, mais d’une activité commerciale”, dit Lex Delles.
Les perspectives vont plus loin. Il y a sur la Lune divers matériaux à partir desquels de l’hydrogène peut être fabriqué. De cette façon, par exemple, un satellite pourrait éventuellement être rechargé. Le directeur général d’ispace pense à une base lunaire pour les futurs astronautes. Ils pourraient alors utiliser les ressources déjà sur place.
L’État luxembourgeois soutient les projets de l’Agence spatiale européenne (ESA) à hauteur de 60 à 70 millions d’euros. Le programme luxembourgeois LuxImpulse investit dans des projets au Grand-Duché. L’enveloppe annuelle totale se situe ici entre 20 et 40 millions d’euros. Le projet d’ispace est soutenu à hauteur de 3,7 millions d’euros.

L’entreprise emploie 314 personnes, dont plus de 40 au Luxembourg. Ce n’est pas la première tentative d’ispace d’envoyer un robot sur la Lune. Lors du dernier essai en avril, la connexion a été interrompue à l’alunissage.