
Pendant la campagne électorale, de nombreuses promesses fiscales sont faites pour séduire les électeurs. Cependant, ces promesses ont un coût et les idées des différents partis pour les financer soulèvent des questions, a expliqué vendredi le directeur de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen, sur RTL.
Le CSV veut réduire les impôts pour tout le monde, les partis au gouvernement veulent alléger la pression fiscale de manière plus ciblée. Jusqu’à quel niveau de revenus est-il raisonnable d'augmenter le pouvoir d’achat des particuliers? Carlo Thelen a précisé que la Chambre de Commerce ne fera "pas de déclaration concrète" sur ce point. Il a toutefois ajouté qu'une augmentation du pouvoir d'achat était en soi bonne pour le commerce. En revanche, il faut prendre en compte qu’une grande partie du pouvoir d’achat part à l’étranger et ne contribue donc pas beaucoup au PIB. En outre, le pouvoir d’achat – à l’exception du secteur du logement – s’est renforcé ces dernières années et un pouvoir d’achat accru fait également remonter l’inflation, selon Carlo Thelen.
Ce dernier a relativisé le fait que les entreprises font aussi monter l'inflation en augmentant les prix. Les entreprises, particulièrement les entreprises exportatrices, ne peuvent pas répercuter entièrement l'index sur leurs prix, par exemple. Actuellement, la rentabilité des entreprises serait en recul. Selon le directeur de la Chambre de Commerce, dans une réforme fiscale, il devrait y avoir un "mix". Il ne faut pas l'oublier, selon Carlo Thelen, les entreprises payent plus d'impôts qu'à l'étranger: si vous additionnez l'impôt sur le revenu des collectivités, l'impôt commercial communal et l'impôt de solidarité, vous arrivez à 25%. Selon lui, le prochain gouvernement devrait réduire la fiscalité des entreprises au taux d'imposition médian européen, soit 21 %.
Carlo Thelen n'est pas favorable à une imposition des grosses fortunes, comme le proposent notamment le LSAP et les Verts, car, selon lui, cela n'apporterait rien. L'impôt sur la fortune que paient les entreprises rapporte toutefois 800 millions d'euros, a-t-il ajouté plus loin. Mais ce serait autant d'argent qui manquerait aux entreprises pour investir. Est-il alors d’accord que le capital est moins imposé que le travail? Il a une nouvelle fois répété qu'il faudrait que ce soit un "mix sain" et qu'il ne faut pas oublier le contexte international.