En réponse à l'opposition (le LSAP, les Gréng et déi Lénk) qui a voté contre, la majorité a affirmé vouloir viser avec ce règlement la mendicité organisée et pas les simples mendiants. Aucun détail supplémentaire n'a été fourni sur la mise en œuvre de cette disposition lors de la séance du conseil. En fait, la mendicité organisée est déjà interdite depuis 2015 dans la capitale.
En marge du tournage d'un futur épisode de la série Face B, nous avons abordé la question avec Alexandra Oxacelay, directrice de la Stëmm vun der Strooss, qui œuvre en faveur de l’intégration sociale et professionnelle de personnes défavorisées. Celle qui travaille depuis 1998 auprès des exclus est loin d'approuver cette décision : "Je ne peux pas, en tant qu'association qui s'engage pour des personnes défavorisées, je ne peux pas dire : J'approuve. Je trouve que c'est bien. Non, pour moi c'est tout simplement vouloir cacher le problème et ça ne va pas le solutionner. Ça va peut-être solutionner le problème des commerçants et de certains clients qui vont faire des courses en ville mais on ne fait que déplacer le problème et il faut le solutionner… Alors comment le solutionner ? Je sais pas mais ça m'a choquée qu'on interdise la mendicité en général. Après, on va interdire aux gens d’être pauvres ?"
Alexandra Oxacelay estime que la pauvreté est un sujet de plus en plus présent au Luxembourg, que l'on doit aborder frontalement, sans le mettre sous le tapis : "Moi, ça me dérange que ça puisse déranger. Moi, ça me dérange de dire que cette pauvreté, il ne faut pas qu'elle existe, qu'il faut qu'on cache les gens. Non, ces gens-là font partie de la société, on a une obligation en tant qu'êtres humains de s'en occuper."
À lire également : Ville de Luxembourg: Interdire la mendicité, pas si simple