Le Brexit est certain, en revanche, ce qui n'est pas encore certain, c'est à quoi ressembleront les futures relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Chaque Etat membre, dont le Luxembourg, a ses lignes rouges. Michel Barnier, ex-négociateur en chef du Brexit pour l'UE et à présent, chef de la Taskforce pour les relations avec le Royaume-Uni, était lundi au Grand-Duché pour entendre la position du gouvernement et du Parlement luxembourgeois.
"Il n'y aura pas de négociations sur les services financiers!," a assuré Michel Barnier mardi matin dans une interview à RTL. Il est crucial pour le Luxembourg que même après le Brexit, Londres respecte les règles européennes sur les services financiers. Mais face au risque que, lors des négociations, Londres joue la pêche contre les services financiers, Michel Barnier a déclaré que l'un n'avait rien à voir avec l'autre. Dans le domaine des services financiers, l'Union européenne et le Royaume-Uni vont attribuer des "équivalencesquand cela sera souhaitable". Selon Michel Barnier, il faudra toutefois faire attention à ce que "la divergence réglementaire", que les Britanniques veulent faire, ne devienne pas "un outil de compétition, un outil de dumping".
Interrogé sur le fait de savoir si les partis contestataires et antisystèmes allaient continuer à gagner du terrain, Michel Barnier a répondu: "C'est une question importante!" L'ex-ministre français voit aussi dans le vote en faveur du Brexit une expression de "colère sociale". Il a appelé tous les Etats membres à entendre cette colère et à y répondre. L'Allemagne n'a pas renoncé à son industrie, la France y a en partie renoncé, mais ce n'était pas la faute de l'Union européenne. Le logement n'est pas non plus une compétence européenne.