
Plus de la moitié, précisément 56%, des personnes interrogées au Luxembourg, indiquent avoir été victimes de discriminations au cours des cinq années précédant l’enquête. De plus, 44% ont dû lutter contre la discrimination au cours de la dernière année précédant l'enquête.
Les motifs les plus souvent cités par les personnes s'étant senties victimes de discrimination étaient l'origine migratoire ou la couleur de peau. Seuls 5% des personnes d'ascendance africaine se sentent discriminées à cause de leur religion ou de leurs croyances.
Pour cette enquête menée en 2022, 565 personnes ont été interrogées au Luxembourg. Parmi elles, plus d'un tiers avaient la nationalité luxembourgeoise et plus des deux tiers s'identifiaient comme étant de descendance africaine. Les résultats de ce rapport s'avèrent meilleurs que ceux du précédent datant de 2018. À l’époque, le Luxembourg se classait après la Finlande comme le pays dans lequel les citoyens d’origine africaine se sentaient le plus discriminés. En novembre 2019 avait été organisée une conférence "Etre noir au Luxembourg", au cours de laquelle la ministre de la Famille de l'époque, Corinne Cahen, avait été vivement critiquée. Elle s'était montrée choquée par l'ampleur des préjugés racistes et avait ainsi laissé transparaître sa méconnaissance de la situation.
La prétendue amélioration par comparaison avec le dernier rapport doit être appréciée avec prudence, en raison des changements méthodologiques et des répercussions des mesures liées à la pandémie.
L'enquête indique qu'il y a des problèmes dans le monde du travail au Luxembourg. 38% des personnes interrogées ont déclaré avoir été désavantagées dans leur recherche d'emploi et plus d'un tiers ont été victimes de discrimination au travail. Un quart déclarent avoir également été victimes de discrimination à l’école. Par rapport à la population dans son ensemble, les citoyens d’origine africaine sont beaucoup plus susceptibles d’occuper des emplois non qualifiés et physiquement pénibles, et bien plus souvent dans des conditions précaires. Sans surprise, ils ont souvent beaucoup plus de difficultés à payer leurs factures que les citoyens blancs.
Ce qui n'arrange rien, c'est qu'à peine un cinquième des personnes savaient où elles pouvaient signaler des discriminations au Grand-Duché, à savoir au Centre pour l'égalité de traitement.
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