
Jeudi matin sur RTL, Nora Back a invité les électeurs à "voter pour les partis qui veulent renforcer l’État-providence aux élections européennes." Dans son discours du 1er mai, la présidente de l'OGBL a mis en garde contre l'extrême-droite, mais aussi contre le CSV et le parti européen auquel il adhère, le PPE (Parti populaire européen), qui opèrerait un virage à droite en interne. Elle a également mis en garde contre les partis pour lesquels la compétitivité est le principal critère de prospérité.
A la question de savoir si l'OGBL appelle alors à voter contre le CSV, Nora Back a répondu: "Je n'ai pas dit ça." Elle a toutefois bien dit que l'Europe traverse une "grande crise sociale" et qu'il y a un "virage à droite". Et cela, parce que les gens ne vont pas bien. "Nous avons beaucoup d'inégalités, nous avons des fractures sociales et nous devons y remédier et c'est pourquoi nous avons appelé hier à voter pour les partis qui veulent une Europe sociale", a ajouté la présidente du syndicat. Au Luxembourg, cette dernière est particulièrement préoccupée par des annonces du gouvernement sur le système de pension sans qu'il y ait eu de consultations préalables.
"Nous ne sommes pas au pied du mur", a indiqué Nora Back à propos du système de retraite au Grand-Duché. Et si une "impasse financière" devait survenir, pas question pour l'OGBL de réduire les prestations ou d'augmenter l'âge de la retraite. Selon la présidente du syndicat, il faudrait alors parler "des recettes". Ce qui est synonyme d'une hausse des cotisations. Celle-ci ne pourrait-elle pas être préjudiciable à l'attractivité du pays? "Nous voulons construire de bonnes écoles, de bons hôpitaux mais nous voulons aussi avoir de bonnes conditions de travail et de salaires et c'est pourquoi nous avons besoin de recettes fiscales," selon Nora Back. "Cela peut servir l'attractivité du pays."
La présidente de l'OGBL a une nouvelle fois appelé à une hausse du pouvoir d'achat. "Oui, le Luxembourg est un pays riche", a admis Nora Back. La responsable syndicale a cependant également souligné que le Grand-Duché a l'un des taux les plus élevés de travailleurs pauvres, c'est un "triste constat". Les inégalités augmentent partout dans le monde, mais aussi au Luxembourg, il faut donc une plus grande justice fiscale.
Sur ce point, la présidente de l'OGBL a souligné que "si nous parlons d’impôts, la plus grande injustice est que le travail est beaucoup plus imposé que les revenus du capital." La position de Nora Back est par conséquent la suivante: d’une part, les revenus du travail ne peuvent plus être imposés comme les revenus du capital, comme c'est le cas aujourd’hui. D'autre part, il faut réformer le barème de l'impôt sur le revenu. "Il faut peut-être empêcher qu'il y ait des ultra-riches qui en profitent aux dépens de la collectivité", selon Nora Back.