
"C'est une visite historique, jamais le Conseil des ministres des Affaires étrangères ne s'était réuni dans un pays en guerre", a déclaré mardi le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Mais aussi qu'il s'agissait d'une visite symbolique pour préserver la solidarité et l'engagement.
En Ukraine, la situation sur le terrain est actuellement mauvaise. La contre-offensive lancée en juin progresse moins bien que celle de l'automne dernier, au cours de laquelle Kharkiv et Kherson avaient pu être reprises. Il n’y aurait aucun kilomètre gagné, mais seulement des mètres. Les Russes ont eu le temps de renforcer leurs défenses, par des lignes défensives, la pose de mines et la destruction d’infrastructures. L’affirmation selon laquelle l’offensive ne pourra pas être gagnée, est cependant fausse. Cela prendra beaucoup de temps et coûtera malheureusement aussi de nombreuses vies.
18% du territoire ukrainien est occupé par la Russie. L'Ukraine estime qu'à ce jour, 277.000 soldats russes ont été grièvement blessés ou ont perdu la vie. Selon d’autres estimations, la guerre a coûté la vie à autant de soldats ukrainiens.
Outre la situation sur le terrain, la situation dans l’Union européenne et au-delà est tout sauf bonne. Le probable nouveau Premier ministre slovaque a annoncé qu'il mettra un terme à toute aide dirigée contre Poutine, Aux Etats-Unis, les républicains ont bloqué des aides destinées à l'Ukraine depuis 45 jours.
Depuis que la Russie a suspendu en juillet l’accord céréalier, des alternatives sont recherchées. La marchandise devrait maintenant arriver, via le corridor du Danube, dans le Nord de l'Europe, pour être répartie depuis là. Mais la Pologne bloque, y compris pour le transit.
L’engagement envers l’Ukraine doit être maintenu, a affirmé le ministre des Affaires étrangères. Jusqu’à présent, 11 paquets de sanctions ont été prises contre la Russie. Avec 8 paquets, 1.500 personnes et 250 entreprises ont été sanctionnées. 6,2 milliards ont été gelés au Luxembourg. Les Ukrainiens font pression pour un 12e paquet de sanctions, qui devrait également couvrir le secteur nucléaire à des fins civiles. En effet, la Russie en tire toujours des profits.
En ce qui concerne les aides financières à l'Ukraine, l'Union européenne a jusqu'à présent donné 6,5 milliards à l'Ukraine pour se défendre, mais les huit tranches de 500 millions sont bloquées par la Hongrie depuis des mois. A propos du fonds de la Facilité européenne pour la paix de 20 milliards d'euros pour la défense de l'Ukraine, Jean Asselborn n'a pas encore pu fournir de détails. Chaque pays devrait y participer en dehors du budget de l’UE. Dans le même temps, l'Union européenne souhaite mettre à disposition 50 millions d'euros pour la reconstruction.
Concernant la volonté de l'Ukraine d'adhérer à l'Union européenne, Jean Asselborn a déclaré que l'on voit que, même en temps de guerre, la volonté du pays était là pour avancer. Une nouvelle dynamique serait constatée dans la réforme de la Cour constitutionnelle et dans celle du système judiciaire. Cependant, d'autres domaines tels que la décentralisation, n'ont pas encore été abordés
Il n'y a pas de solution diplomatique en vue à la situation en Ukraine. "C’est une guerre d’agression qu’un seul peut arrêter, et il s'appelle Poutine.Les Ukrainiens ne peuvent pas arrêter cette guerre", a souligné le ministre. L’arrêt des livraisons d’armes ne mènerait pas à la fin de la guerre, mais à la fin de l’Ukraine.