
L'Agence eSanté est surtout connue pour le dossier de soins partagé (DSP), mais elle propose de nombreux autres services. Fondée il y a 10 ans, l'Agence a pour mission principale la réalisation et l'exploitation d'une plateforme électronique nationale d’échange et de partage de données de santé ainsi que l'offre d'autres services, afin de faciliter la vie et le travail de tous les acteurs dans le domaine de la santé. Grâce à la numérisation, patients et personnel de santé doivent pouvoir consulter et échanger des données et des documents plus facilement, mais de manière strictement contrôlée et sécurisée. Le dossier de soins partagé (DSP) est l'outil le plus connu de l'Agence, mais il est loin d'être le seul.
Toute personne assurée au Luxembourg dispose par défaut d’un dossier de soins partagé. Le patient décide lui-même quelles données sont placées dans son DSP et qui est autorisé à le consulter. Cela permet non seulement d'éviter l'accumulation de papiers, mais aussi une meilleure prise en charge du patient si le personnel de santé a accès à ses antécédents médicaux.
Ian Tewes, directeur général de l'Agence eSanté: "Les résultats de laboratoire y parviennent automatiquement aujourd’hui. Nous avons aussi automatiquement dedans tout ce qui est imagerie médicale, c'est-à-dire quand vous passezune radio ou autre, c'est maintenant déjà dans votre DSP. Et pas seulement le support d'imagerie, mais aussi le rapport du médecin. Cela signifie que vous n'avez plus à courir partout avec un CD, mais que tout y est centralisé."
Plus de 40.000 consultations de documents digitaux ont lieu chaque mois dans les DSP. Cependant sur plus d'1 million d'assurés, à ce jour, seuls 179.000 ont activé leur compte eSanté tout comme 1.900 professionnels du secteur de la santé. Les assurés ayant activé leur DSP peuvent bénéficier de services complémentaires, par exemple le carnet de vaccination électronique (CVE), qui vient d'être lancé.
Ian Tewes: "Plusieurs vaccinations sont effectués dans l'enfance et il est important d'en conserver la trace. Et le carnet de vaccination électronique permet de ne plus l'avoir sur un morceau de papier qui traîne quelque part dans la maison, mais de l'avoir effectivement dans un endroit centralisé, pour vous, mais encore une fois aussi pour les professionnels de santé."
L'Agence eSanté a aussi souligné que les travaux préparatoires de la prescription électronique (ePrescription) se poursuivent. Il s'agit de pouvoir retracer ce qu'un patient s'est déjà fait prescrire en matière de médicaments, d'analyses, d'imagerie médicale et autres soins.
Ian Tewes: "Nous sommes chargés de réaliser cette plateforme où les données sont centralisées, mais bien sûr il faut qu'il soit aussi possible de le faire dans le logiciel de la pharmacie, dans le logiciel des laboratoires et aussi dans le logiciel du médecin. Cela signifie qu’il reste encore beaucoup d’éléments à assembler pour que tout fonctionne de bout à bout."
Il faut considérer la numérisation comme une opportunité, particulièrement dans le secteur de la santé. Le patient devra moins chercher de documents et le personnel de santé pourra davantage se concentrer sur ses tâches essentielles.
Dans tout ce que l'Agence eSanté développe, le contexte européen est terriblement important.
Marc Hostert, président de l'Agence eSanté: "Il y a des gens qui viennent ici pour un an, repartent ensuite et reviennent au bout de quelques années, ou il y a des gens qui utilisent ici une prestation, ou qui veulent une déduction à l'étranger ou vice versa. Cela signifie que nous sommes un pays très perméable, que pour nous, les standards européennes sont la norme. Nous au Luxembourg, nous ne pouvons nous permettre de développer une solution luxembourgeoise qui soit seulement pour nous."
Grâce aux autres outils numériques proposés par eSanté, il est possible de vérifier, par exemple, si un médecin dispose effectivement d'une autorisation d'exercer ou si un patient est réellement assuré.