Quand il s’agit de répondre à la question “Qu’est-ce que le journalisme en fait ?”, la classe s’anime. Les enfants sont répartis en deux groupes : l’un sort dans le couloir, l’autre regarde par la fenêtre.
Les deux groupes ont la même mission : ils disposent d’environ cinq minutes pour décrire ce qu’ils voient et ce qui les marque. Les uns racontent une histoire tournée vers l’extérieur : ce qui se passe dans la cour, le temps qu’il fait, les passants. L’autre groupe décrit ce qui se déroule dans le couloir devant la classe. Ensuite, les deux groupes échangent leurs places et écrivent à nouveau leurs impressions.
Les déclarations et les observations des enfants sont inscrites au tableau. Et soudain, deux versions très différentes de la même école apparaissent. La discussion s’engage et arrive rapidement la question : qui a raison ? La réponse n’est pas aussi simple que beaucoup d’enfants le pensent au départ. Les deux groupes disent la vérité, mais des détails importants manquent dans chaque histoire.
C’est ainsi qu’on leur explique le défi du journalisme. Chaque journaliste a toujours son propre angle de vue. Parfois, il manque de temps pour tout voir. Parfois, il juge un élément pas suffisamment pertinent pour le noter. Et parfois, la rédaction coupe un aspect du récit pour mettre l’accent sur un autre. Ce n’est pas mal intentionné, c’est un choix journalistique.
Les enfants comprennent alors qu’une histoire incomplète n’est pas automatiquement une fake news. La réalité est souvent plus complexe. Cette activité ludique leur montre à quelle vitesse une histoire se construit et combien il est essentiel de chercher plusieurs perspectives avant de se forger une opinion définitive.