
Chaque matin, 250.000 sièges de voitures sont inoccupés sur les grands axes routiers autour de Luxembourg. Un constat qui oblige les pouvoir public à trouver des incitants au covoiturage. "L'application "Copilote" en est une première réponse, mais il faut que ceux qui vont dans cette direction y voient un réel intérêt plaide François Bausch, le ministre de la Mobilité.
Il constate que les réflexions en matière de trafic considèrent le nombre de véhicules alors qu'il faut envisager le nombre de personnes. "Chaque voiture avec trois passagers, c'est deux voitures en moins", calcule-t-il.
Aussi, dans le cadre du programme Modu 2.0, une étude a été lancée pour trouver des mesures en faveur du covoiturage, notamment avec l'aménagement de la bande d'arrêt d'urgence pour la réserver aux transport en commun et au covoiturage.
Les Belges sont en train de mettre ce système en place sur l'E411, dans la direction du Luxembourg et c'est le prolongement de cette autoroute, de l'autre côté de la frontière - A6 - qui sera le premier à être adapté au Grand-Duché: 6,5 km entre la frontière à Sterpenich et le Kirchberg.

Il s'agira d'élargir la bande actuelle, qui mesure actuellement entre 1,5 m et 2,5 m pour passer à 3,5m, de mettre en place des refuges pour les voitures en panne (neuf sont prévus sur le premier tronçon, donc tous les 500 à 1000 m) et des panneaux pour réguler le trafic.
Un des problèmes principaux se situe aux échangeurs qui ponctuent le trajet où la vitesse de la voie de covoiturage doit être adaptée.
Cependant les étapes seront encore longues avant que le réaménagement ne soit effectif. "Nous devons élaborer un concept qui entre en cohérence avec Modu 2.0, développer le projet technique, puis l'avant-projet détaillé pour une loi de financement, avant les questions d'autorisation, d'appel d'offres, de soumissions...", détaille Roland Fox de l'administration des Ponts et Chaussées qui estime les travaux à quelque 60 millions d'euros.
Il table donc sur un début de travaux à la fin de l'année 2021 et pour "environ deux ans de travaux." Le code de la route devra aussi être adapté pour définir le terme de covoiturage et le système de contrôle (vidéosurveillance, radar...) devra être choisi en fonction des évolutions technologiques qui apparaîtront d'ici là.
En attendant, dès les vacances de Pentecôte, un système de modulation de la vitesse en fonction du trafic va être testé entre la frontière belge et le Kirchberg. Le matin, aux heure de pointe, des panneaux indiqueront la vitesse maximale - généralement 90km/h - pour éviter les engorgement. "Nous avons des modèles théoriques, mais il nous faut apprendre de la réalité", ajoute Roland Fox.
Contrairement au système belge qui imposera une vitesse de 50km/h sur la voie réservée, Luxembourg veut adapter la vitesse au trafic. "La modulation de la vitesse est un élément stabilisateur du trafic qui évite les accidents et l'effet accordéon."
Il ne prend pas position quant aux contrôles qui seront effectués pendant la phase test qui durera jusqu'à la fin de l'année.