
La situation reste compliquée sur le marché de l'immobilier résidentiel. Les banques constatent que l'intérêt pour les biens d'occasion augmente légèrement, mais que la vente d'appartements neufs est encore à un bas niveau. Cela a des répercussions négatives sur l’ensemble de l’économie et par conséquent sur l’activité des banques. Il y a donc probablement aussi une part d'intérêt personnel en jeu lorsque trois banques et la Société nationale de crédit et d'investissement (SNCI) s'associent pour intervenir activement sur le marché immobilier avec une enveloppe de 250 millions d'euros. Un nouvel instrument devrait relancer le marché à court terme.
La Banque et Caisse d'Épargne de l'Etat, la BIL, la banque Raiffeisen et la SNCI ont rassemblé cette somme pour fonder un "véhicule à usage spécial", comme on dit dans le jargon financier. Il s'agit d'une nouvelle société destinée à acheter des appartements et des projets qui, autrement, ne sortiraient pas de terre. Sont visés des projets pour lesquels une prévente a déjà été réalisée, mais où il manque encore 20 ou 30% pour atteindre les 80% pour lesquels la garantie d'achèvement peut être délivrée, explique le CEO de l'Association des Banques et des Banquiers, Luxembourg (ABBL), Jerry Grbic.
Les appartements achetés en VEFA (vente en état futur d'achèvement) devront répondre à certaines conditions. Cela n'inclut pas des penthouses luxueux ou de minuscules chambres pour étudiants. Les acquisitions ne se feront pas non plus en payant le prix plein demandé sur le marché. Le promoteur devra être prêt à accepter une décote, mais il pourra vendre lui-même à tout moment l'objet à un meilleur prix s'il a un acheteur.
L'État n'est pas directement associé au projet, mais le ministre des Finances salue cette initiative, car ici il ne s'agit pas que les promoteurs en tirent un profit, mais que les personnes qui travaillent dans le secteur puissent conserver leur emploi. Une telle mesure va augmenter l'offre, ce qui aura pour effet une stabilisation des prix, selon Gilles Roth.
Les banques impliquées soulignent qu’il s’agit d’une mesure temporaire qui devrait durer au plus tard jusqu’en 2025. Les banques ne veulent pas devenir un acteur à long terme sur le marché immobilier, mais débloquer divers dossiers avec leur mesure, afin de relancer la construction.
Même si avec cette initiative, les banques avancent sur un terrain nouveau pour elles - lors de la conférence de presse il a été question d'un test - elles sont optimistes et pensent avoir trouvé avec cet instrument la bonne réponse à la crise immobilière actuelle.
Mercredi soir, la banque BGL BNP Paribas a annoncé dans un communiqué, qu'elle s'associe à l'initiative du secteur bancaire luxembourgeois pour soutenir l'immobilier résidentiel, avec une enveloppe de 100 millions d'euros, destinée au financement de la construction d'environ 350 nouveaux logements.