Le camp militaire sous sa forme actuelle à Waldhof ne correspond plus aux besoins d'une armée moderne, a expliqué jeudi le ministre de la Défense, François Bausch, lors de la conférence de presse de présentation du nouveau site. La pièce maîtresse de celui-ci sera constituée de 13 "igloos". Il s'agira de dépôts de munitions partiellement enterrés. Outre l'armée, la police et les douanes y stockeront également leurs munitions. Pour donner au profane une idée de leur capacité, le Chef d'état-major de l'armée, Steve Thull, a expliqué que chaque igloo pris individuellement pourra contenir 10 tonnes d'explosifs. A l'avenir, 50% de munitions supplémentaires pourront être stockées dans les 13 dépôts.
En outre, un hangar est également prévu pour stocker du matériel. Le Général Steve Thull explique qu'aucune bombe n'est désamorcée dans le dépôt de munitions. Soit une explosion a lieu sur place, soit, si ce n'est pas possible, l'engin explosif est la plupart du temps transporté en Belgique. Parfois, il arrive qu'il doive être entreposé temporairement, ce qui se fait alors dans un bâtiment à Waldhof. La manipulation du matériel en général sera rendue plus sûre par le réaménagement du site, a indiqué le ministre.
De nombreuses modifications du site sont rendues nécessaires par le fait que le Luxembourg doit mettre ses infrastructures en conformité avec les normes de l'OTAN. Il y aura notamment une meilleure sécurisation du site. Par ailleurs, les bâtiments administratifs seront aussi rénovés. Cela comprend des bureaux et des infrastructures pour la formation, comme le souligne Thierry Hirtz de l'Administration des bâtiments publics.
Un avantage du réaménagement des infrastructures sera que seuls deux tiers du site actuel de 29 hectares situé dans une zone Natura 2000 du Grünewald, seront encore utilisés. Un tiers de la surface, soit une dizaine d'hectares, fera l'objet d'une renaturation.
Le coût du projet est estimé à 81,5 millions d'euros. Le projet de loi ad hoc est déposé et l'avis du Conseil d'Etat est attendu. Le ministre espère que le chantier pourra débuter en 2025. Les travaux devraient durer cinq à six ans. Le site devant rester en service, il ne s'agira pas d'un chantier facile.