Télétravail des frontaliersQuand le Luxembourg inspire une pétition en France

RTL Infos
Une pétition a récemment été déposée sur le site de l'Assemblée Nationale dédié afin de réclamer 2 jours de télétravail par semaine pour les frontaliers français travaillant au Luxembourg.
© pixabay

Cette pétition fait suite à celle déposée auprès de la Chambre des Députés du Luxembourg le 13 juillet 2022 et qui a récolté plus de 9.500 signatures dès le lendemain, sur les 4.500 nécessaires pour déclencher un débat public sur le sujet au parlement luxembourgeois.

Le pétitionnaire souligne toutefois que l’action du gouvernement luxembourgeois demeure limitée sur ce sujet, le principal frein au télétravail frontalier étant le gouvernement français, qui limite les résidents français à 29 jours par an de télétravail (soit 1 jour toutes les 2 semaines environ, congés exclus). Au-delà, les frontaliers français sont imposés en France, au niveau fiscal et au niveau social. Dans les faits, cela réduit drastiquement la possibilité de faire effectivement du télétravail plus de 29 jours par an, car les entreprises luxembourgeoises doivent avoir un gestionnaire de paie française pour permettre aux salariés de dépasser cette limite, ce qui n’est pas le cas pour beaucoup d’entre elles.

Il n’est pas rare que les frontaliers français passent 2 à 3h dans les transports au quotidien pour se rendre sur leur lieu de travail, voire plus à cause des nombreuses difficultés de circulation. Ce problème s’impose peu importe le moyen de transport utilisé : incidents, grèves et travaux sur la voie ferrée, accidents et travaux sur la route.

FREIN DE LA FISCALITÉ FRANÇAISE

De nombreuses entreprises au Luxembourg se sont déjà accordées avec leurs salariés et/ou avec les délégués du personnel en permettant de continuer le télétravail après les mesures exceptionnelles imposées par la pandémie. C’est donc uniquement la fiscalité française qui se met en travers d’une évolution de l’organisation du travail en entreprise mais l’État ne doit pas empêcher les entreprises et les travailleurs de faire évoluer leurs méthodes de fonctionnement. L’impact fiscal d’une telle mesure pour l’État français est à relativiser, considérant que la Grande Région vit en grande partie des salaires luxembourgeois, et paie ses taxes avec ces mêmes salaires.

Il convient également de rappeler que plus de 100.000 frontaliers français passent chaque jour la frontière luxembourgeoise et 88% de la main d’œuvre du pays travaille dans le secteur tertiaire (source : Banque mondiale), soit presque autant de personnes ayant la possibilité de faire du télétravail. Certains métiers, dit « de bureaux » (finance, informatique, recrutement, administration…) ont pu constater que travailler à distance ne posait pas de problème au bon déroulement des activités. C’est pourquoi, à l’image de la pétition publiée sur le site luxembourgeois, la pétition déposée en France préconise un minimum de 2 jours de télétravail par semaine pour tous, afin de permettre d’allier efficacement les avantages de chacun des deux modes de travail (sur place, et chez soi). Les limitations fiscales et de sécurité sociale doivent être revues à la hausse. La pétition est à retrouver ici sur la plateforme de l’Assemblée Nationale.
À lire également - Frontaliers, ne vous faites pas piéger par le télétravail

Back to Top
CIM LOGO