
La vague de chaleur est probablement derrière nous mais ses potentielles conséquences invitent à la réflexion, ce que n’a pas manqué de faire le conseil provincial vendredi lors de séance.
L’office national de statistique (statbel) a indiqué que 256 personnes étaient décédées en juin dernier en province de Luxembourg, soit une augmentation de 24% par rapport à la moyenne des décès enregistrés entre 2019 et 2025.
Les personnes âgées sont concernées au premier chef puisque sur ces 256 décès, 163 concernaient des personnes de 75 ans ou plus. Et parmi elles, 102 avaient 85 ans ou encore plus.
Une hausse qui pourrait être reliée directement à l’épisode de canicule qui a sévi pendant une bonne dizaine de jours à partir de la mi-juin. Sur cette période précise, 106 décès ont été constatés.
C’est le rappel fait par le député Olivier Barthélémy (MR). «La période du 25 au 28 juin est particulièrement interpellante. Cinquante-neuf décès ont été enregistrés contre une moyenne de 29 aux mêmes dates. S’il faut faire preuve de prudence et rappeler qu’il s’agit de chiffres provisoires sans précision des causes de décès, la concomitance entre la vague de chaleur et la disparition de personnes âgées invite à une réflexion sur notre capacité d’anticipation.»
Le député a ainsi interpelé le collège sur l’existence d’une analyse sur les conséquences sanitaires des épisodes de forte chaleur. «Existe-t-il une cartographie des publics particulièrement vulnérables dans ce genre de période? Quelle coordination y a-t-il entre les communes, la province, les CPAS, les aides à domicile, les maisons de repos, les professionnels de la santé et les autres acteurs de première ligne sur ces périodes?»
Le député Stephan de Mul a indiqué avoir obtenu un retour de l’inspecteur général d’hygiène qui soulignait que les infrastructures avaient absorbé l’activité médicale supplémentaire, possible conséquence de ces épisodes. Quant à la cartographie, le député socialiste a rappelé qu’il existait une identification des territoires et des publics vulnérables qui permet de repérer les secteurs où plusieurs fragilités se cumulent. «C’est un outil utile lorsqu’il est croisé avec un aléa climatique telle une période de forte chaleur même s’il ne s’agit pas d’un registre nominatif.»
Quant à l’action menée, Stephan de Mul précise que la Province a développé dès juillet via un call center un service téléphonique de suivi spécialement activé lors de ces périodes de forte chaleur (084 320972).
Des opérateurs contactent plusieurs fois par jour les personnes ciblées afin de prendre de leur nouvelle. Quatre-vingt-trois personnes ont été contactées pendant le pic.
Pour finir, Stephan de Mul a insisté pour dire que les responsabilités entre les différents niveaux de pouvoir resteraient partagées à l’avenir.
Pour rappel, les chiffres nationaux rapportent que la surmortalité a davantage impacté la Wallonie (+ 48,8% par rapport au nombre attendu) contre 65,6 % à Bruxelles et 31,2 % en Flandre.