
Avec le litre d’essence ou de gazole qui a atteint des sommets ces derniers jours, les vols et siphonnages de carburant sont devenus plus fréquents.
Et même si les prix connaissent un reflux au Luxembourg comme dans la Grande-Région, les carburants demeurent un produit très convoité.
Il y a quelques jours, nous avons lancé un appel à témoignage auprès de notre partenaire Info Trafic Lorraine et Frontières (ITLF), pour savoir si des frontaliers avait subi de pareils vols.
Et la réponse est oui! Citons en particulier “Céline": “Je me suis fais siphonner mon véhicule , garé devant chez moi dans une petite commune , le lendemain en allumant mon véhicule j ai remarqué qu’il n y avez plus rien quand la veille il me restait 468 km d autonomie. Le dépanneur est venu, l’expert m’a appelé c’est bien un trou de perceuse, je suis furieuse car je me serais bien passé de tout ces frais” témoigne-t-elle.
Julien déclare pour sa part s’être fait voler “650 litres de gazole, à Rouen, dans la nuit”. “J’avais fais le plein la veille, réservoir 700l” déplore-t-il. On ne sait pas combien il l’avait acheté, mais à 2 euros le litre, cela ferait près de 1.300 euros de carburants subtilisés!
Sophie a été elle aussi victime de voleurs: “camion siphonné il y a à peine 2 semaines…” commente-t-elle.
Quant à Sylvie, qui a déjà été victime de ces vols, elle est désormais prudente: “J’ai une société de transports et avant le week-end, je vous assure que les réservoirs sont vides...mais on nous a volé des milliers de litres bien avant la flambée des prix...on serre les fesses.”
De nombreux lecteurs de l’ITLF ont aussi partagé leur coup de gueule contre ces voleurs, tel Magalie: “C’est tellement plus facile de voler les gens qui sont dans la même m**** que tout le monde !!! Ces voleurs ne sont que des lâches” s’emporte-t-elle.
En France, le phénomène n’est pas encore massif mais les autorités alertent sur la nécessité de mettre en place des mesures de sécurité.
“A un tel niveau de prix, les malfaiteurs flairent la bonne affaire! Imaginez la plus value s’ils revendent le litre à 1 euro 50”, souligne un enquêteur cité par l’AFP.
Il y a peu, sur l’autoroute A13, dans l’Eure, un chauffeur de poids lourd transportant une citerne de carburant a été victime d’une tentative de braquage par quatre hommes qui ont utilisé un subterfuge pour le contraindre à s’arrêter. Le chauffeur est parvenu néanmoins à leur échapper et à reprendre sa route.
Les entreprises de transport sont particulièrement ciblées mais aussi les exploitations agricoles où sont entreposées des citernes de gazole pour les tracteurs.
Sur l’ensemble du territoire, la gendarmerie a mis en place des référents sûreté (250 au total) et des correspondants sûreté (au nombre de deux à quatre dans chaque brigade territoriale).
Il s’agit pour eux de donner des conseils et proposer des solutions aux entreprises et aux particuliers pour les prémunir contre les vols en général et ceux de carburant en particulier.
“Gratuitement, on fait un audit et pour chaque site on élabore un schéma de protection”, explique l’adjudant chef René Coueslan, commandant de la cellule de prévention technique de la malveillance dans les Yvelines. Au propriétaire ensuite de décider de suivre ou non les recommandations.
Cela va de la mise en place d’une clôture avec un portail de bonne facture, à une surélévation des grilles d’enceinte, en passant par de l’éclairage à détection de mouvements, détaille-t-il.
Mais aussi, plus simple, poursuit-il, “on conseille de ranger les camions face à la route afin que si des cambrioleurs s’approchent des camions, leurs lampes torche soient visibles de la route, afin que cela éveille les soupçons des automobilistes qui passent”.
Il cite évidemment la vidéosurveillance avec “un retour sur le téléphone des dirigeants” des sites, ou la “coupure de l’alimentation électrique du pistolet installé sur les citernes de gazole”.
S’il a noté que les référents sûreté étaient davantage sollicités que par le passé, le commandant Coueslan déplore que cela “ne soit pas encore un réflexe”. “On pense à appeler le 17 une fois que le vol a eu lieu, et pas à nous appeler avant”.