
À partir du 14 décembre prochain, un train de plus circulera en heures de pointe depuis Marbehan vers la capitale grand-ducale le matin et dans le sens inverse le soir. Un soulagement pour les navetteurs qui n’y croyaient plus vraiment. "On commençait malheureusement à s’y faire", reconnaissait, un brin fataliste, Fanny, qui prend le train quatre jours sur cinq à Arlon. "Il va falloir prendre son mal en patience mais j’ai encore du mal à réaliser que mes matinées pourraient être moins pénibles à partir de l’hiver prochain".
Geoffrey, lui, a repris sa voiture depuis deux ans. "Je ne sais pas si ça va réellement avoir un impact sur le désengorgement de l’autoroute. J’attendrai quelques mois avant de me faire une idée plus précise".
Après la liaison prolongée jusqu’à Libramont, cette annonce complète les engagements pris par les CFL et la SNCB il y a un an avec l’objectif de fluidifier le trafic et d’attirer plus de travailleurs frontaliers. Elle a été faite jeudi dernier lors d’une rencontre bilatérale belgo-luxembourgeoise. La ministre grand-ducale de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes a rencontré son homologue belge le ministre Jean-Luc Crucke in situ.
L’occasion de faire un petit bout de chemin ensemble et de faire le point sur les projets. Après un passage à la gare de Marbehan et au P+R d’Habay, direction la gare de Viville aux portes d’Arlon. Un arrêt pour le moins symbolique et l’occasion de rouvrir un dossier dont on parle depuis plus 10 ans.
Les anciens ateliers de la SNCB font en effet l’objet de nombreuses spéculations. L’idée d’un P+R défendue par le Grand-Duché a été battue en brèche par les autorités belges. S’en est suivi un enlisement. Entre priorités placées ailleurs et discussions sans cesse reportées, on aurait pu l’appeler l’Arlésienne jusqu’à ce jeudi. Le tabou a refait surface et Jean-Luc Crucke a promis de reprendre le dossier à bras-le-corps.
"J’entends les besoin très légitimes de la Ville d’Arlon en termes de potentiel industriel et de potentiel économique. J’entends aussi les besoins de la SNCB qui doit faire face à d’énormes dépenses et à des économies. Mon boulot sera de réunir tout ce monde dans mon cabinet en septembre avec l’aide du grand-duché de Luxembourg", a-t-il déclaré à nos confrères de TV Lux.
Si Yuriko Backes appuie fortement ce projet, il reste à voir comment le Luxembourg peut l’appuyer autrement que par la parole. La ministre a toutefois salué lors de cette visite les solutions qui se dégageaient avec la construction de parkings. Deux cents places seront disponibles à Habay d’ici 2028 dont 71 créées dès le mois de décembre de cette année.
Cette convergence des idées réchauffe les relations qui s’étaient légèrement tendues depuis l’annonce de la fameuse vignette que les Belges veulent rendre obligatoire à partir du 1er mai 2027 sur certains axes routiers.